mardi 28 février 2017 03:04

Fouad Laroui ou la condition humaine

Fouad Laroui prend la parole à travers l'écriture depuis un peu moins de deux décennies. En vérité depuis « Les dents du Topographe » couronné par le prix Albert Camus, qui l'a fait connaître au grand public en 1996.

 L'on pourrait d'ailleurs même aller encore plus loin pour rester dans l'univers littéraire burlesque du nouveau Goncourt marocain : depuis qu'il a l'âge de huit ans lorsqu'il griffonne son « premier texte -non publié-» signé Fouad « De » Laroui en pensant que comme Honoré de Balzac, le « De » figurait naturellement dans les noms de tout écrivain.

 

Laroui, Fouad, et non pas Abdellah du même nom - considéré comme le meilleur sociologue marocain - a un humour décapant. Ses nouvelles, sont à la fois drôles, finement burlesques, mais justes, car elles reflètent l'absurdité du monde dans lequel nous vivons. La réalité de nos sociétés ; celle de notre société plus particulièrement.

Ses textes ont ce ton « fellaghien », que l'on retrouve chez un certain nombre d'auteurs algériens d'expression française, notamment Rachid Mimouni .

A travers l'humour, une certaine forme de sarcasme et un style fluide, presque parlé, Fouad Laroui, l'écrivain-poète--ingénieur-économiste-chroniqueur, raconte une société. Celle de ses origines : la marocaine. Il ne la ridiculise jamais, il l'observe, l'analyse à travers des personnages attachants, parce que tout en étant fictifs, ils ont ce quelque chose de réel.

Car, que se lève celui qui n'a pas eu à faire à un Bouazza..., ce splendide personnage de « Méfiez-vous des parachutistes ». Une histoire qui se termine sans point, ni interrogation, ni virgule...Enfin, sans ponctuation.

Fouad Laroui en quelques dates

1958: naissance à Oujda

1982: Pont et Chaussées à Paris

1985-1987: Retour au Maroc, dirige une mine de phosphates

1996: écrit "les dents du topographe" (Prix, Albert Camus)

1999: "Méfiez-vous des parachutistes"

2013: "L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine"

Fouad Laroui, racontait,à propos de son "parachutiste de personnage", en 2007, lors d'une émission sur la chaine marocaine 2M, qu'il « fallait aimer » Bouazza, ajoutant que Winston –ndlr, l'un des personnages les plus célèbres de la littérature du XXème siècle- n'avait-il pas fini par aimer le terrible Big Brother - ndlr "1984", George Orwell - ?

L'éloge de l'individu est le fil conducteur de toutes ses œuvres, des « Dents du Topographe » à « L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine »?

La série de neuf petites histoires, écrites sous forme de satire qui lui a valu le Goncourt 2013 de la meilleure nouvelle raconte l'histoire d'un fonctionnaire marocain qui se rend à Bruxelles. Ville dans laquelle il est chargé d'acheter du blé pour son pays. Hélas, il y a un petit souci: en arrivant dans la capitale belge, il perd son seul pantalon...

De cette histoire burlesque, Fouad Laroui dit qu'elle incarne l'absurdité de la condition humaine et soulève la question du "qui suis-je?-. Les stéréotypes sont aussi omniprésents dans cette nouvelle qui montre comment ces derniers peuvent créer de malentendus entre les gens, les peuples, les nations.

L'auteur vit à Amsterdam, la ville des canaux et des polders; la capitale d'un pays qui du XVI au XVII ème siècle fut un un havre de paix et de connaissances pour les intellectuels, écrivains et philosophes européens.

La rédaction du CCME

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