mardi 28 février 2017 03:03

Hafid Stitou, le Raging Bull marocain du grand écran

Hafid Stitou, 51 ans, est un passionné...du cinéma. Producteur, réalisateur ou "simple" acteur dans près de 17 films projetés dans les salles sombres, Hafid Stitou vit en Belgique avec sa petite famille. Connu pour la qualité des films où il se produit ou qu'il produit en Europe, il est peu connu au Maroc, son pays d'origine.

Non pas parce qu'il ne cherche pas à mettre en avant sa marocanité, mais parce que comme de nombreux artistes d'origine marocaine vivant dans la diaspora, il n'existe pas de véritables relais permettant aux acteurs, réalisateurs, scénaristes ou encore producteurs de faire connaître ce qu'ils font dans leur pays d'origine.

 

Le comédien, qui était présent au Maroc, lors du 13 festival international de Marrakech, qu'il considère comme "une fenêtre sur le monde que nous offrent Sa Majesté Mohammed VI et son Altesse Moulay Rachid » estime que « c'est une occasion en or pour montrer nos talents et créer des contacts avec des producteurs, des réalisateurs, comédiens et tout les métiers qui tournent autour du 7ème Art car, c'est une opportunité de faire aussi découvrir notre pays, notre culture, de créer des pôles de rencontres». D'ailleurs, nous dit-il c'est la raison pour laquelle « j'y viens chaque année ».

« Fier d'être marocain de sang et de cœur » Hafid Stitou, dont la mère est française et le père marocain, est « un homme en colère » pour rester dans le registre cinématographique. Des dizaines de jeunes et moins jeunes de la diaspora font des merveilles dans le monde, tournent avec de grands réalisateurs, participent à la réalisation, ont un succès mondial, mais tout le mal du monde à être perçus dans leur pays d'origine. Là encore, non pas parce qu'ils ne le désirent pas, mais parce que beaucoup d'entre eux se retrouvent face à deux obstacles: ils se connaissent et se reconnaissent mais n'ont pas encore réussi à créer un réseau, à s'organiser de sorte à pouvoir s'exprimer d'une seule voix, ce qui de fait, conduit au second obstacle : ils ne disposent pas de réseau dans leur pays d'origine auquel ils restent attachés.

Hafid Stitou, qui vient de produire Death Squad, un film noir où Set (Hafid Stitou) interprète le rôle d'un policier qui enquête sur le trafic d'organes et la pédophilie. Il nous explique que son objectif à lui consiste " à montrer une vision jeune dynamique originale moderne et belle de notre pays, qui va de l'avant" parce que c'est "aussi le job de chaque artiste, producteur, homme d'affaire, politicien et de chaque citoyen".

L'artiste qui se définit comme quelqu'un de "cash" poursuit: "il faut que nous fassions avancer le cinéma marocain de façon intelligente soyons "international" dans notre vison artistique: créons des personnages attachants, horribles, solides... donnons l'envie aux gens d'aller au cinéma en famille car le cinéma est l'expression la plus puissante de la vie".

 

Quand on l'interpelle sur la Belgique, pays producteur de films dépassant rarement les frontières des pays francophones, il répond qu'a contrario de ce que l'on imagine à propos du Plat pays, il se passe des choses très intéressantes au niveau cinématographique, en insistant sur le fait que la "Belgique est un pays d'artisans".

Lorsque l'on regarde les trailer des films où Hafid Stitou joue, l'on comprend un peu mieux cette envie d'avoir envie de montrer autre chose que le cinéma de la diaspora que l'on voit aujourd'hui sur les grands écrans marocains: il est tantôt l'anti-héros "Dustin-Hoffmanien" que les cinéphiles ont tant aimé, tantôt un voyou auquel on s'attache parce qu'il a ce qui est communément appelé une "bonne gueule". Plus clairement les films rappellent bien plus les productions américaines qu'européennes.

D'ailleurs, cette influence du cinéma américain, Hafid Stitou la revendique. Sans pour autant affirmer qu'elle soit la seule voie à suivre pour que le Maroc puisse disposer d'une "véritable industrie du cinéma".

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