La célébration des anniversaires est aussi le moment de faire un retour sur soi, de réfléchir sur ce que nous avons, ensemble, pu accomplir et, autant que possible, en tirer quelques leçons. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé utile de rappeler l’action décisive de notre institution dans le processus de création du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger que j’ai l’honneur de présider depuis le mois de décembre 2007.

C’est dans son discours du 6 novembre 2006, que Sa Majesté le Roi Mohamed VI confiait au CCDH la mission de « Mener de larges consultations avec toutes les parties concernées en vue d’émettre un avis consultatif concernant la création de ce nouveau Conseil, qui se doit d’allier, dans sa composition, les exigences de compétence, de représentativité, d’efficacité et de crédibilité ». (Fin de citation)

Le 26 octobre 2007, le CCDH adoptait en plénière un avis consultatif sur le Conseil à créer et le soumettait à Sa Majesté. Entretemps, qu’avons-nous fait ?

Très peu de temps après le Discours Royal, le groupe de travail chargé de l’émigration du CCDH tenait une réunion sous la présidence de feu Driss Benzekri et mettait immédiatement en place un groupe de travail élargi regroupant membres du CCDH, des chercheurs du Maroc ou résidant dans les pays d’immigration, des élus d’origine marocaine et plusieurs responsables associatifs de France, des Pays-Bas et d’Espagne. Parallèlement, le Conseil procédait à une série de réunions de concertation avec Le Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération et les Ambassadeurs de Sa Majesté dans plusieurs pays d’émigration, le Ministère Délégué Chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger, la Fondation Hassan II pour les MRE et la Fondation Mohamed V pour la Solidarité.

A partir du mois de février, et à raison d’un colloque par mois, quatre séminaires thématiques ont été organisés à Rabat avec au total 840 participants, en provenance de 19 pays, avec une participation féminine allant de 16 à 87%. A chaque fois, ces séminaires ont été organisés en mobilisant la connaissance académique disponible grâce à la participation de chercheurs marocains et étrangers et le maximum d’acteurs associatifs et de personnalités de l’émigration compétents dans le thème choisi.

Durant la même période, soit de février à juin, 62 réunions de concertation étaient organisées dans 38 villes dans vingt pays de résidence des communautés marocaines, regroupant au total un peu plus de 1500 acteurs sociaux des dites communautés.

Parallèlement, une base de données avait été constituée, ainsi qu’un questionnaire qui a été adressé à 2 066 Marocain(e)s de 25 pays, avec un taux de réponse de 68%, dont 20 % de femmes.

Au Maroc même, enfin, plusieurs types de réunions étaient tenues avec des acteurs publics et privés, dont notamment des rencontres avec 12 partis politiques et 18 associations ainsi qu’une journée d’échanges avec 30 chercheurs marocains spécialistes des questions migratoires.

Au total, Plus de 3 000 acteurs associatifs et politiques, élus, créateurs, entrepreneurs, responsables religieux, responsables publics et chercheurs auront été associés à ces activités et dont l’avis aura été recueilli, alors même que toutes les personnes qui ont demandé à être reçues par le CCDH l’ont été, et parfois plusieurs fois de suite. Cette vaste délibération a été menée parallèlement à un travail académique de recueil des informations sur les évolutions essentielles de la communauté marocaine de l’étranger, ses attentes et ses aspirations, une première analyse des politiques publiques mises en place par notre pays envers l’émigration, ainsi qu’une lecture méthodique des expériences étrangères en termes de citoyenneté et d’instances mises en place.

Cette grande délibération, menée au Maroc et à l’étranger, a été menée et je tiens à les remercier un par un, grâce à la mobilisation de plus de la moitié des membres de notre institution. Entamée sous la présidence de feu Driss Benzekri, qui s’y était investi alors même qu’il affrontait la maladie, elle a été poursuivie, malgré le choc de la disparition du défunt, avec la complicité et le soutien de Si Ahmed Herzenni. A toutes les étapes, mon ami Mahjoub El Haïba n’a compté ni son temps ni ses efforts. Et même après la désignation des membres du CCME par Sa Majesté, c’est avec les moyens humains et les ressources du CCDH que le CCME a pu faire ses premiers pas de nouvelle institution.

Comme vous le savez, il y a de nombreux conseils comparables au CCME à travers le monde et c’est d’ailleurs à l’initiative de notre pays que la première rencontre internationale de ce genre d’institutions a été organisée en mars 2009. Mais il n’y a pas eu à notre connaissance de concertation aussi large qui ait précédé, ailleurs, le lancement d’une institution similaire.

Cette vaste délibération nous a fait découvrir non seulement les mutations fondamentales et très rapides qu’a connues l’émigration marocaine en moins de deux décennies, mais elle nous a aussi révélé la diversité de ses attentes, sa richesse et l’important foisonnement qu’elle connaît dont, entre autres, l’émergence de centaines et de centaines de cadres intervenant dans les domaines les plus divers et aspirant, chacun à sa manière, à participer au développement de la terre d’origine. Engagés dans des processus dynamiques d’enracinement dans les pays de résidence, ils sont en même temps soucieux de maintenir et de renouveler les modalités d’attachement à leur pays et à celui de leurs parents.

C’est cette même philosophie de travail et ce même état d’esprit -que nous vous devons- que nous essayons de maintenir vivants dans l’action quotidienne du Conseil, qui ne conçoit son action qu’en lien permanent et en association étroite avec toutes les potentialités des communautés marocaines à l’étranger. En effet, quel que soit le nombre des membres d’une institution comme la nôtre,

Pourquoi un sondage ?

Les sondages d’opinion sont une modalité de connaissance des perceptions et des sentiments des populations sur leur vécu socioculturel, leurs attentes, leur réaction par rapport à une politique publique, un événement quelconque. Aux côtés d’autres études menées par les sciences sociales qui s’appuient sur l’observation directe des comportements effectifs, les sondages permettent contribuent à la connaissance scientifique même s’ils ne font que refléter la subjectivité des sondés. La pratique du sondage doit faire partie d’une stratégie globale de mise sur pied d’un aganda national de la recherche sur l’immigration. C’est la première fois qu’une institution publique marocaine mène une enquête de cette ampleur, sur un tel échantillon et les résultats, à interpréter avec la prudence scientifique de rigueur, sont néanmoins révélateurs.

Comment résumeriez-vous ces résultats ?

On voit bien que nous avons affaire à une évolution des communautés marocaines qui n’est paradoxale qu’à première vue. Un enracinement réel dans les pays d’immigration et le maintien, y compris à la seconde génération, d’un lien fort au Maroc. Ce sentiment d’appartenance est renforcé par les dynamiques que connaît le pays en matière de droits et dans le domaine économique, évolutions qui sont appréciées majoritairement de manière favorable, même si les sondés expriment des demandes d’amélioration. Il ya enfin deux autres conclusions centrales : Pour les le Maroc, la primauté des demandes en matière d’offre culturelle de la part de notre échantillon et concernant le pays de résidence, le sentiment de discriminations fortes, notamment dans le domaine de l’emploi et du logement.

Quelles suites allez-vous donner à cette enquête ?

Un sondage donne une photographie de la perception d’une population à un moment donné. Il faut donc multiplier ce genre d’exercice, l’étendre à des communautés marocaines dans d’autres pays, diversifier les questions, etc. Ces résultats permettent aussi de vérifier des hypothèses sur lesquelles nous travaillions depuis longtemps pour élaborer les avis consultatifs que notre conseil doit soumettre à Sa Majesté le Roi Mohamed VI, comme à titre d’exemple, la centralité de la problématique culturelle. Il nous faut enfin avancer de manière déterminée dans l’élaboration de cet agenda national de la recherche sur l’immigration. Ce sondage nous ouvre de nombreuses pistes.

Juillet 1999. La nouvelle de la disparition de SM le Roi Hassan II nous parvient à Athènes où se tient un séminaire fermé d’un groupe arabe de réflexion sur les droits de l’Homme. Il y a là Abdelaziz Bennani, président de l’organisation marocaine des droits de l’Homme et Driss Benzekri, alors son vice-président, Khemaïss Chammari et Khedija Chérif, responsables de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et de l’Association démocratique des femmes tunisiennes, plusieurs militants palestiniens (Raji Sourani, Khider Skirat, …) et Amin Mekki Madani, notre patriarche, Soudanais et à l’époque représentant du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme à Gaza. Plusieurs générations du mouvement égyptien des droits de l’Homme sont aussi présentes : Baheyeddine Hassan et Ahmed Sayed Saïd, fondateurs de l’organisation égyptienne des droits de l’Homme et leur successeur Hafez Abou Sa’ada, etc. Tous les participants, sans exception, sont d’anciens militants de gauche et d’extrême gauche qui ont rompu depuis des années avec l’action partisane sans renoncer pour autant à l’action politique et ont organisé quelques mois auparavant le premier congrès arabe des droits de l’Homme à Casablanca. Réformateurs radicaux, ils ont quitté depuis plus de dix ans, pour la plupart d’entre eux, leurs divers partis et chapelles (pour ne pas dire groupuscules). Presque tous ont été emprisonnés pour leurs idées et leur divorce avec les dogmes marxistes-léninistes de leur jeunesse a été consommé depuis longtemps. Le plus souvent en silence, et c’est ce qu’on pourrait nous reprocher. En ce qui nous concerne, le mur de Berlin était tombé bien avant 1989, mais nous n’en avions pas parlé explicitement ou du moins pas avec assez de force. Nous avions quitté les rives du gauchisme et emprunté le chemin moins simpliste mais plus escarpé de la réforme, radicale dans son esprit, mais concrète, par étapes et à partir du socle indérogeable des droits de l’Homme. Nous n’avions pas renoncé à l’utopie, mais aux chimères du changement par la violence au profit et sous la conduite d’une classe messianique et contre tout le reste de la société et de l’Etat. Nous avions compris que la réforme doit se faire avec l’Etat et avec la société, par étapes, en en respectant des rythmes complexes et variables. Enracinés dans l’universel, ouverts à tous nos frères humains, mais vivant ici et maintenant, sur cette terre, avec son Histoire, ses contradictions, son balancement entre la réforme et le statu quo. Sans recette miracle. Nous ne faisions en réalité que reprendre à notre compte la philosophie qui avait présidé à la naissance et au développement du droit international des droits de l’Homme et qui n’a pu advenir que par l’alliance entre Etats, mouvements de la société et experts et/ou militants. Oui, j’assume, nous avions trahi … la dictature du prolétariat, depuis le début des années 1990. Il reviendra à Ahmed Herzenni de dire tout haut ce que nous pensions dans son témoignage lors des auditions publiques de Rabat.

Mars 2000. Je suis de Paris les deux fameuses marches, de Rabat en faveur de la réforme de la Moudawana et celle de Casablanca qui rassemble les opposants dont beaucoup, beaucoup de femmes. Une affluence qui devrait faire réfléchir les tenants des réformes édictées par les avant-gardes qui parlent au nom du peuple. Mais je garde de cette journée une impression de joie et d’espérance. Le fait même que la société manifeste pacifiquement et de manière diamétralement opposée ses points de vue sur une question centrale est l’essence même de la démocratie, qui n’est au final que la gestion pacifiée du dissensus et des intérêts contradictoires.

7 octobre 2000. C’est le départ de la caravane pour Tazmamart et je suis par hasard au Maroc, pour préparer le congrès de la FIDH. Je ne peux participer à l’initiative mais je vais à la première heure dire mon soutien à ces étranges pèlerins, d’abord à Casablanca, au pied du car qui doit partir en face de la médina, juste derrière l’hôtel Hayat Regency (j’y rencontre Salah El Ouadie) puis à Rabat, à Bab El Had où je salue Driss Benzekri. De Paris, depuis des mois, j’assiste avec sympathie aux premiers pas du Forum vérité et justice (FVJ) dont je trouve la philosophie et la démarche intelligentes et inédites. Je suis particulièrement frappé par la capacité de cette jeune association à poser une thématique nouvelle (la vérité sur les violations) et ses manières de le faire. Et surtout, par sa capacité à articuler des formes nouvelles de mobilisation de la société (comme par exemple ce réveillon aux bougies devant la gare de Rabat) avec des discussions avec l’Etat dont on m’informe, de loin en loin, à l’occasion de mes déplacements au Maroc.

Juin 2002. Le FVJ, l’OMDH et l’AMDH organisent la deuxième caravane à Kelaat M’gouna et je suis cette fois-ci du voyage, pour signer une convention entre la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et les trois associations, convention dont j’avais préparé les termes avec Kamal Lahbib et qui prévoyait la mise en place d’une banque de données documentaire sur les cas de violations des droits de l’Homme et des séminaires sur les commissions Vérité dans le monde. Sans en être bien évidemment absolument certain, je me dis que tôt ou tard, Benzekri et ses compagnons aboutiront et qu’il nous faut anticiper : préparer les dossiers à soumettre à la future commission, apprendre des autres. La convention est effectivement signée durant la soirée qui suit le rassemblement, mais elle ne sera, de fait, pas mise en œuvre pour des raisons trop longues à expliquer ici.

Avril ou mai 2004. Un dimanche. Avec M’abarek Bouderka, membre de l’instance Equité et réconciliation (IER) et Abdelhak Mossadek, cofondateur du Forum vérité et justice et collaborateur du groupe d’investigations que j’anime, nous arrivons à Ksar Sountate, un village perdu à côté d’Imichil, victime d’une répression féroce en mars 1973. A un kilomètre du village, nous prenons en stop l’institutrice qui revenait -autant que je me souvienne- d’Errachidia et qui marchait sous une pluie fine et glacée, une liasse de cahiers sous les bras. Arrivés au village, notre voiture est entourée par une ribambelle d’enfants qui s’arrachent nos bouteilles d’eau minérale vides. Nous sommes là pour voir la famille Ouherfou dont deux jeunes filles ont été arrêtées et emmenées à Agdez. Fadhma est décédée très peu de temps avant la fermeture du centre et sa sœur, rescapée, était devant nous, percluse de rhumatismes et ne parlant que l’amazigh. Dans cette maison, comme dans d’autres de ce village et d’autres encore, nous parlons de l’IER, de volonté royale, de réconciliation et de vérité. Le plus souvent en amazigh, grâce à Bouderka, et souvent devant une assistance de plus en plus fournie au fur et à mesure que la nouvelle de notre arrivée se répand dans les maisons et les villages. Des assemblées attentives mais sur la réserve, à la fois méfiantes et voulant témoigner, chacun insistant pour raconter sa propre souffrance, quitte à bousculer son voisin. Je repars avec une interrogation sourde et insistante : sommes-nous bien compris ? Le discours sur l’indemnisation, légitime, n’occulte-t-il pas la dimension éminemment politique du processus ? Je découvre ma terre.

Septembre 2004. Nous sommes à Agdez où se tient, à l’initiative des associations de la vallée qui va de Zagora à Agdez, le premier séminaire sur la réparation communautaire. Driss Benzekri ouvre le séminaire et repart pour d’autres tâches et je reste avec Salah El Ouadie. Nous assistons aux travaux sans intervenir et je découvre une autre facette de mon pays : ces associations qui, par centaines, agissent au plus près des préoccupations des gens, au fin fond des provinces du pays. Je suis frappé par leur savoir-faire, leurs modes de délibération, patients et démocratiques, leur engagement. Je fais la connaissance de Abdellatif Kacem, des frères Chahid, d’Ahmed Taoufic Zinabi, qui deviendront des amis, et qui sont aujourd’hui en charge de la mise en œuvre du programme national de réparation communautaire. Je me dis qu’avec des compatriotes comme ceux-là, l’espoir est permis.

Novembre 2005. Nous sommes à deux ou trois semaines de la fin du mandat de l’IER et je suis avec Latifa Jbabdi à Rhafsaye au nord de Fès. Selon certaines informations, il y aurait dans cette ville des tombes de membres, voire de dirigeants du Parti démocratique de l’indépendance, détenus illégalement ici puis tués aux lendemains de la libération du Maroc. Nous passons d’un témoin à l’autre, vérifiant pour la énième fois la fragilité des témoignages oraux qui a rendu si complexe le travail d’établissement de la vérité, surtout sur les événements politiques des trois premières décennies couvertes par notre mandat. Nous repartons bredouilles, avec une seule certitude : il y a bien eu un centre de détention tenu par des éléments de l’armée de libération nationale, probablement des exécutions, mais les témoins directs sont depuis longtemps décédés. A défaut d’archives écrites, quelques pages de notre histoire risquent de rester blanches.

Quelques jours plus tard, le témoignage oral se révélera plus efficace. Je suis avec Salah El Ouadie dans une caserne de la protection civile de Casablanca et nous cherchons cette fois les sépultures des victimes de juin 1981. Après de nombreuses péripéties, nous finissons par trouver les traces d’un officier de la protection civile, en service dans cette caserne en 1981 et aujourd’hui à la retraite. Son fils qui a pris en quelque sorte sa succession finit par le convaincre. Il est presque 20h lorsqu’il le ramène sur le terrain de sports de la caserne et c’est sous les phares de la voiture du commandant actuel qu’il raconte. Il se dirige ensuite vers les buts du terrain de foot, fait une douzaine de pas et nous indique l’endroit précis des fosses collectives. Tous les assistants, une douzaine de personnes, ont les yeux embués de larmes. Nous allons dans un café et Salah, qui ne fume plus depuis longtemps me prend une cigarette qu’il hume, en ne retenant plus ses larmes et nous appelons Driss Benzekri.

Juillet 2007. La nouvelle loi sur les archives (qui figure parmi les recommandations de l’IER) est adoptée par les députés. L’ancienne datait de 1926.

Avril 2009. Je reçois au siège du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger une délégation de jeunes adolescentes et de responsables associatifs de Sountate, qui sont en déplacement à la capitale pour parler des projets menés au village dans le cadre de la réparation communautaire. Les tapis tissés dans la coopérative portent le nom de Fadhma Ouherfou et les jeunes collégiennes de la délégation bénéficient d’un soutien scolaire. Et je repense à mon ami Driss Benzekri et à mon frère en regardant dans leurs yeux l’avenir qui s’esquisse, difficilement, mais de manière opiniâtre

The celebration of the twentieth anniversary of the Washington Moroccan American Club is an event in more ways than one. It owes its richness to the program prepared for the population of the U.S. capital, which reflects primarily the profound changes experienced by Morocco. On all fronts (gender, ethno-cultural pluralism, rule of law, etc…) Morocco has opted for the path of modernity and reform. The road is still long, but both Moroccan society and Moroccan government are forging their own history.

The activities planned for this anniversary also reflect the dynamism of the Moroccan émigrés’ associations. Here again, much remains to be done, but the achievements in this field are also important. There can be no real change in the relationship between Morocco and its institutions (the Council of the Moroccan community abroad, CCME, being one) with the Moroccans living abroad without the emergence and strengthening of a network of émigrés’ cultural associations that are independent, diversified and professional. Since its creation by His Majesty King Mohamed VI, CCME has viewed its activities as falling within a partnership with the broader actions of Moroccan communities worldwide, through cooperative relationships with them while respecting their autonomy, independence and diversity. Our contribution to this anniversary is another example of this.

Finally, this anniversary illustrates the profound changes that the Moroccan

community abroad has seen for one quarter of a century. It also shows the

universal character of that community (we are now present throughout the world, although a little more than three-quarters of us live in Europe) as well as the

strength of its roots within the new countries of residence. In almost all

countries where they reside more Moroccans are becoming fully-fledged citizens, trying to be good citizens of their lands of adoption without cutting their

ties with their homeland.

In the United States, this great haven for immigrants and land of pioneers, the courage of the Moroccans – some of whom arrived here as early as twenty-five years ago – is manifested through this anniversary. Just like their ancestor, Zemmouri, who arrived here with the first European expeditions, they were not afraid of leaving (their homeland) to discover new horizons in a new country and to learn the hard way.

I want to tell them how much we admire them, and congratulate them on all of their achievements.

La commémoration du vingtième anniversaire du Washington Morrocan American Club est un événement à plus d’un titre. Elle l’est par la richesse du programme préparé pour la population de la capitale américaine qui témoigne d’abord des profondes mutations que connaît le Maroc. Sur tous les fronts (égalité hommes-femmes ; pluralisme ethnoculturel ; Etat de droit, etc.), le Maroc s’est attelé au chantier de la modernité et de la réforme. Le chemin est encore long, mais la société comme l’Etat marocains font leur histoire.

Les festivités de cet anniversaire témoignent aussi du dynamisme des acteurs associatifs de l’émigration marocaine. Là aussi, il reste beaucoup à faire, mais les acquis sont dans ce domaine aussi importants. Il ne peut y avoir de changement réel dans les rapports entre le Maroc et ses institutions (dont le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, CCME) et l’émigration marocaine sans l’émergence et le renforcement d’un mouvement associatif fort, indépendant, diversifié et professionnalisé au sein de l’émigration. Depuis sa création par Sa Majesté le Roi Mohamed VI, le CCME conçoit son action par le partenariat le plus large avec TOUS les acteurs des communautés marocaines du monde en respectant leur autonomie et en nouant des relations de coopération, dans le respect strict de leur indépendance et de leur diversité. Notre contribution à cet annivesaire en est une nouvelle illustration.

Cet anniversaire témoigne enfin des mutations profondes que connaît la communauté marocaine de l’étranger depuis un quart de siècle. Elle révèle notamment sa mondialisation (nous sommes aujourd’hui présents sur tout le globe, même si l’Europe abrite un peu plus des trois-quarts de cette population) et le dynamisme de son enracinement dans les sociétés de résidence. Dans presque tous les pays, ces Marocains sont de plus en plus des citoyens de ces sociétés, essayant d’être de bons citoyens de leurs pays d’adoption sans couper les amarres avec la terre d’origine.

Dans ce pays de pionniers et cette grande terre d’émigration que sont les Etats-Unis, le courage des Marocains arrivés ici il y a vingt-cinq ans, parfois plus, parfois plus récemment, se lit à travers cet anniversaire. Comme leur ancêtre Zemmouri, arrivé ici avec les premières expéditions européennes, ils n’ont pas craint de partir à la découverte de nouveaux horizons, d’une nouvelle société et de faire dans la difficulté leur apprentissage. Je leur dis notre admiration et nos félicitations pour l’œuvre accomplie.