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1er Mai - 10 Mai 2026

Le CCME au SIEL 2026

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Le CCME célèbre l’œuvre théâtrale de feu Ahmed Ghazali          

En ouverture de sa participation à la 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), qui se tient à Rabat du 1ᵉʳ au 10 mai 2026, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a choisi de rendre hommage à l’une des figures emblématiques de l’émigration marocaine, en publiant un recueil regroupant cinq pièces de théâtre de l’écrivain, ingénieur et muséologue feu Ahmed Ghazali (1964-2024).  

Les œuvres dramatiques d’Ahmed Ghazali ont été présentées lors d’une table ronde, animée par l’auteur et metteur en scène Zoubeir Ben Bouchta, qui a réuni la veuve du dramaturge ainsi que plusieurs metteurs en scène ayant porté ses textes sur les planches.          

Oeuvre de Ahmed Ghazali

Ce nouveau recueil, paru avec les Éditions Le Fennec (2026), rassemble l’intégralité de l’œuvre théâtrale d’Ahmed Ghazali. Il s’ouvre avec Le mouton et la Baleine, une pièce qui traite sur un mode tragique le thème de l’immigration clandestine. Vient ensuite Traversées, une plongée dans les questions de sens, dans l’écriture comme dans la vie, entre l’Occident et l’Afrique. Tombouctou : 52 jours à dos de chameau convoque, quant à elle, la mémoire du désert, les mouvements migratoires et la réalité du monde contemporain. La quatrième pièce, Le Ciel est trop bas, dépeint des trajectoires éclatées où la violence et la mémoire s’affrontent dans l’espace confiné d’un avion. Enfin, Mellah ou n’être que poussière restitue la mémoire d’un quartier de Fès à travers les yeux d’un personnage de retour au pays après des années d’exil.         

Un auteur qui transcende les frontières de la langue et de la géographie        

Prenant la parole lors de cette cérémonie, la veuve d’Ahmed Ghazali, l’écrivaine et traductrice Mireia  Estrada  Gelabert  Ghazali, a exprimé ses remerciements pour le CCME pour avoir publié ces œuvres, exercice qu’elle a suivi de près. Elle a souligné que, malgré la diversité de ses engagements professionnels, Ahmed Ghazali était avant tout un homme de lettres : il ne cessait d’écrire, que ce soit sur des projets muséographiques ou théâtraux.         

La dramaturge et metteuse en scène maroco-belge Jasmina Douieb s’est, pour sa part, arrêtée sur Le mouton et la Baleine, qu’elle considère comme un texte fondateur dans son parcours artistique : il s’agissait du premier texte d’un auteur marocain qu’elle ait mis en scène.

À ses yeux, travailler sur l’écriture d’Ahmed Ghazali, c’est entreprendre un voyage qui dépasse les frontières et les langues. Elle y voit un texte épique, à travers lequel l’auteur exprime la pluralité des langues, des parcours et des expériences, habitant l’âme de chacun de ses personnages.

Cette attention à la diversité des langues et des cultures dans ses pièces n’était pas pour Ghazali un procédé littéraire, mais une réalité quotidienne : il parlait plusieurs langues à la maison, au travail, dans la rue. « Il mentait, celui qui croyait pouvoir vivre dans une seule langue », rappelle Mireia Estrada Gilabert. Traductrice de ses pièces en catalan, elle conclut que le regretté croyait en un théâtre de la différence et des identités plurielles que nous portons tous en nous.     

« Quant aux frontières, les œuvres d’Ahmed migrent d’un espace à l’autre : du détroit de Gibraltar dans Le motoun et la Baleine, au Sahara dans Traversées, jusqu’au ciel dans Le Ciel est trop bas, des espaces-frontières qui échappent aux cartes actuelles », ajoute-t-elle.

Un théâtre au carrefour de l’imaginaire et de la rigueur intellectuelle 

Dans le même esprit, le metteur en scène français Sébastien  Bournac, qui a collaboré avec le défunt sur de nombreux projets artistiques, a salué la capacité d’Ahmed Ghazali à manier l’écriture dramatique et sa passion pour raconter le monde avec une exigence intellectuelle rigoureuse, en articulant dans un même texte de multiples champs du savoir. Il a insisté sur le fait que Ghazali ne se contentait pas de l’imaginaire : il ancrait ses créations dans des faits réels, qu’ils soient d’ordre international ou issus du quotidien, s’appuyant sur une formule de Victor Hugo faisant du théâtre un espace de vérité.      

Après avoir évoqué les jalons de leur collaboration, Sébastien Bournac, ancien directeur du Théâtre Sorano à Toulouse, a mis en lumière le plurilinguisme et le pluriculturalisme des pièces de Ghazali, soulignant que ce dernier veillait à choisir des comédiens parlant toutes les langues présentes dans le texte et, mieux encore, ayant vécu personnellement une expérience en lien avec le sujet de la pièce.     

« Une muséographie sans murs »  

Intervenant à cette occasion, le président du CCME, Driss El Yazami, a retracé les étapes de sa relation avec Ahmeed Ghazali. Il l’a rencontré pour la première fois lors d’un colloque à Al Hoceïma en 2011, consacré au « Patrimoine culturel du Rif : quelle muséographie ? », où Ghazali avait défendu l’idée d’un musée « hors les murs » couvrant l’ensemble de la région du Rif.     

Une deuxième rencontre avait eu lieu autour d’un projet, « Maison de l’histoire du Maroc » : Ghazali y proposait un espace de production multiforme, en dialogue avec la diversité des Marocains, intégrant musique, cinéma, théâtre et beaux-arts. El Yazami a conclu en évoquant une ultime collaboration, lors de la préparation de la participation du Maroc aux Assemblées annuelles de la Banque mondiale à Marrakech en 2023, où Ahmed Ghazali supervisait la conception du pavillon marocain.     

Ingénieur, écrivain, muséologue et homme de théâtre, Ahmed Ghazali a réalisé de nombreux projets en Europe, en Asie et au Maroc, parmi lesquels Musée Mohammed VI pour la civilisation de l’eau au Maroc, Parc Muséologique Minier de Jerada, le Musée de la Mémoire d’Al Hoceïma, et le Parc Archéologique de Sidi Abderrahmane à Casablanca. Ahmed Ghazali était également cofondateur de la résidence d’artistes « Jiwar » à Barcelone.