L’Observatoire espagnol contre le racisme et la xénophobie (OBERAXE), rattaché au Secrétariat d’État chargé des Migrations, a révélé une hausse notable des discours de haine et de racisme sur les réseaux sociaux en Espagne durant le mois de juin 2026, en parallèle de la Coupe du monde de football.
Selon le dernier rapport de l’institution espagnole, plus de 40 000 contenus incitant à la haine ou véhiculant des propos discriminatoires ont été recensés sur internet. En tête figurent les contenus évoquant un sentiment d’insécurité publique, souvent sortis de leur contexte ou mensongers, qui représentent 69 % des contenus détectés, tandis que le domaine sportif arrive en deuxième position comme deuxième moteur du discours de haine et de discrimination, avec 16 % des messages recensés.
Le rapport insiste à cet égard sur l’existence de ce qu’il qualifie d’un volume important de contenus racistes ou relevant de l’islamophobie, dirigés contre les sélections participant à la Coupe du monde organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, ainsi que contre des joueurs et des supporters. Il relève en particulier un ciblage spécifique du joueur de l’équipe nationale espagnole Lamine Yamal, issu de l’immigration, visé par des commentaires discriminatoires liés à ses origines et à son identité.
Les personnes d’origine nord-africaine, principales cibles
En analysant les catégories visées par ce discours de haine, l’Observatoire souligne que les personnes d’origine nord-africaine représentent 88 % des contenus analysés. « Ce qui confirme qu’elles constituent la catégorie la plus touchée par ces récits discriminatoires, soit une hausse de dix points de pourcentage par rapport au mois de mai 2026, confirmant ainsi la poursuite de la tendance ascendante observée ces derniers mois », ajoute la même source.
Les contenus négatifs relatifs aux politiques publiques ont représenté 11 % des contenus analysés, principalement liés aux débats sur les mesures d’inclusion et d’intégration, ainsi qu’au processus exceptionnel de régularisation des migrants lancé par le gouvernement. L’analyse montre par ailleurs la persistance de récits associant, de manière générale, les migrants à des phénomènes de délinquance, à des conflits sociaux ou à des atteintes à l’ordre public, que ce soit en s’appuyant sur l’actualité ou par la diffusion de contenus mensongers ou sortis de leur contexte.
En revanche, le rapport fait état d’un recul relatif des messages visant les personnes musulmanes, en baisse de quatre points par rapport au mois de mai, représentant ainsi 11 % des contenus recensés ; une baisse similaire touche les contenus visant les personnes d’origine africaine, qui se stabilisent à 7 % de l’ensemble des messages détectés.







