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Driss El Yazami expose la spécificité migratoire du Maroc

Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), a livré jeudi 7 mai 2026 une lecture inédite des transformations migratoires contemporaines lors d’un dialogue ouvert animé par la sociologue Khadija Benradi. Devant un parterre d’avocats et d’acteurs institutionnels réunis au pavillon du Barreau de Rabat, en marge de la 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre, il a interrogé la place du droit et de la défense face aux défis que posent aujourd’hui les mobilités humaines.

Un dialogue ouvert sur les transformations migratoires

C’est dans un format résolument interactif que s’est tenue cette rencontre, animée par Khadija Benradi, professeure de sociologie à l’Université Ibn Tofail de Kénitra. Après le mot d’accueil de Mohamed Habib Bencheikh au nom du Barreau de Rabat, elle a posé d’emblée le cadre intellectuel de la discussion : la migration est un phénomène sociologique complexe qui dépasse la seule lecture statistique. Pour les avocats, a-t-elle souligné, il ne s’agit plus seulement de maîtriser les textes juridiques, mais d’assumer un rôle de médiation sociale et de contribuer à l’évolution de l’arsenal législatif.

Aux origines de l’émigration marocaine

Driss El Yazami a tenu à replacer la migration marocaine dans sa profondeur historique, battant en brèche les idées reçues. Contrairement à la vision dominante qui associe les premières vagues migratoires marocaines à la main-d’œuvre envoyée vers l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, il rappelle que le phénomène remonte au milieu du XIXe siècle, avec des flux vers l’Algérie française à l’est et vers l’Amérique latine à l’ouest.

Dès les années 1920, la migration marocaine a joué un rôle moteur dans la transformation de la société marocaine, notamment à travers le mouvement national né de la diaspora, que ce soit en Syrie ou à Paris, via les associations étudiantes. Une histoire que le président du CCME résume comme « une histoire de courage, de résistance et de défi des difficultés ».

Driss El Yazami expose la spécificité migratoire du Maroc
© CCME

Une communauté en profonde mutation

Interrogé sur les caractéristiques actuelles de la diaspora, El Yazami a identifié quatre grandes transformations. La première est la mondialisation : les Marocains sont désormais présents dans plus de cent pays, une réalité illustrée cette année par la participation au SIEL d’une écrivaine venue d’Australie et l’émergence d’autrices marocaines d’expression anglaise.

La deuxième est la féminisation : la présence des femmes dans la diaspora dépasse largement le cadre du regroupement familial, pour devenir un choix migratoire autonome, qu’il s’agisse de recherche d’une vie meilleure ou de parcours académiques. Troisième tendance : le vieillissement démographique, qui coexiste avec l’émergence de jeunes générations nées et élevées dans les pays d’accueil. Enfin, la montée en qualification : la proportion de cadres et de profils hautement formés au sein de la diaspora ne cesse de croître.

L’accès aux droits : entre avancées et angles morts

Sur la question de l’accès aux droits, El Yazami a nuancé le tableau. Si la majeure partie de la diaspora marocaine réside légalement en Europe, notamment en France, en Espagne et en Italie, bénéficiant en principe de l’égalité de traitement et d’une naturalisation croissante, le défi central reste la lutte contre les discriminations indirectes, particulièrement visibles dans l’accès à l’emploi.

Des catégories plus vulnérables, comme les mineurs non accompagnés et les personnes en situation administrative irrégulière, ont quant à elles besoin de mécanismes de défense juridique classiques. El Yazami a salué à cet égard le rôle de la société civile active dans les pays d’accueil.

Il a également présenté Goul-IA, un assistant numérique lancé par le CCME avec la contribution d’avocats. Cet outil d’intelligence artificielle répond en sept langues aux questions juridiques et administratives des Marocains du monde : mariage, divorce, héritage, démarches avec les administrations.

Le Maroc, acteur de la gouvernance mondiale des migrations

El Yazami a rappelé le rôle pionnier joué par le Maroc sous la conduite du Roi dans la gouvernance internationale des migrations : lancement en 2013 de l’opération de régularisation des migrants subsahariens, adoption par l’Union africaine de l’Agenda africain pour les migrations élaboré sous impulsion marocaine, désignation du Roi comme leader africain sur la question migratoire, et organisation à Marrakech en 2018 de la conférence ayant abouti à l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Il a également rappelé que la Constitution de 2011, dans son article 16, engage le Maroc à défendre les droits de sa diaspora et à renforcer ses liens avec les sociétés d’accueil, une reconnaissance implicite de la double appartenance qui fait des Marocains du monde « un pont entre le Maroc et leurs pays de résidence ».

Le Barreau appelle à un droit à la hauteur des enjeux

Le bâtonnier du Barreau de Rabat, Aziz Rouibah, a conclu les échanges institutionnels en appelant à un plus grand dialogue entre le Barreau et les institutions nationales. Il a insisté sur l’apport indispensable de l’analyse sociologique et académique pour les jeunes générations d’avocats, et a affirmé que la migration constitue un véritable baromètre des droits humains dans une société : « Le rapport d’une société à la migration révèle son niveau réel de respect de la différence et des droits fondamentaux. »

El Yazami a conclu en soulignant que le CCME participe pour la troisième année consécutive au SIEL dans un pavillon partagé avec plusieurs institutions de gouvernance, incarnant ainsi une volonté d’ouverture et de dialogue entre acteurs publics, civils et juridiques.

CCME