Les délais légaux pour déposer une demande de régularisation administrative des migrants en Espagne ont expiré mardi 30 juin 2026. Cette initiative, lancée en janvier dernier par le gouvernement espagnol dirigé par le socialiste Pedro Sánchez, visait à régulariser la situation d’un demi-million de migrants résidant dans le pays.
Selon plusieurs médias espagnols, plus d’un million de demandes ont finalement été déposées par des migrants en situation irrégulière. Les autorités gouvernementales disposeront des trois prochains mois pour examiner les dossiers et statuer sur leur acceptation ou leur rejet, dans un contexte de forte pression politique exercée par les partis d’opposition de droite et d’extrême droite, hostiles à la politique migratoire ouverte du chef du gouvernement.
Dans ce contexte, Pedro Sánchez a affirmé mardi 30 juin 2026, lors d’une intervention à Madrid, que son pays souhaite être perçu par le monde comme un État respectueux et protecteur des droits humains. Il a insisté sur le fait que ce programme de régularisation vise à instaurer une politique migratoire légale, sûre et organisée, qu’il a présentée comme une décision favorable pour l’économie espagnole. Selon lui, sans immigration, l’Espagne pourrait perdre 19 % de son PIB d’ici 2050, et 22 % d’ici 2075.
Lancement du plan d’intégration et de citoyenneté
Dans son intervention, publiée sur le site de la présidence du gouvernement, Pedro Sánchez a annoncé le lancement du « plan d’intégration et de citoyenneté », présenté comme une initiative espagnole destinée à gérer la migration de façon organisée, équitable, intelligente et cohérente. L’objectif affiché est d’améliorer les conditions de vie des nouveaux arrivants comme celles des populations qui les accueillent, afin de tirer parti des opportunités qu’offre la migration tout en répondant aux défis sociaux qu’elle engendre. Le chef du gouvernement a précisé que son exécutif consacrerait un budget de 500 millions d’euros à la mise en œuvre de ce plan pour sa première année, une enveloppe susceptible d’évoluer selon les besoins et l’avancement concret des programmes.
Parmi les axes majeurs de ce plan figure la création d’une agence gouvernementale dédiée aux mouvements humains, qui regroupera les missions et ressources aujourd’hui dispersées entre les différents acteurs de la gestion migratoire, afin d’assurer une administration plus simple, mieux coordonnée et plus efficace. Cette agence maintiendra toutefois la distinction entre les procédures de protection internationale et celles liées au séjour, préservant ainsi les compétences relatives à la sécurité et au contrôle des frontières. Selon le gouvernement Sánchez, cette réorganisation devrait renforcer l’efficacité, la coopération et la coordination entre les acteurs étatiques, réduire l’incertitude pour les individus concernés, et accroître la sécurité et la protection pour tous.
Le second volet du plan d’intégration et de citoyenneté consiste, selon les mots du chef du gouvernement espagnol, à reconnaître le travail comme le principal vecteur d’intégration dans le pays, permettant d’atteindre l’autonomie personnelle et, à travers elle, la cohésion sociale. Le travail, au-delà du salaire qu’il procure, contribue selon lui à la cohésion de la société en apportant stabilité, sentiment d’appartenance et perspectives d’avenir.
Par ailleurs, le nouveau plan ambitionne de renforcer l’accès des migrants à leurs droits et obligations, un axe auquel seront consacrés environ 30 millions d’euros, sous forme de programmes favorisant l’apprentissage des langues officielles communes et la connaissance des règles et valeurs qui encadrent la société espagnole, ainsi que des investissements dans des initiatives de prévention des discours de haine. Le quatrième axe, quant à lui, vise une citoyenneté effective par un accès réel aux droits, doté d’un budget dépassant 260 millions d’euros, destiné à renforcer les services publics et à garantir l’égalité des chances.
CCME








