En marge de la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, la treizième session du Forum des droits de l’Homme a placé la jeunesse, ses aspirations et son rôle dans la construction du monde de demain, au cœur de ses débats. Organisée en partenariat avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), les 26 au 27 juin 2026, cette édition s’est articulée autour du thème : « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ».
Une refondation philosophique de la place de la jeunesse
Pour ouvrir les travaux de cette rencontre , le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur de philosophie et de français à l’Université Columbia de New York, a appelé à repenser en profondeur la place des jeunes face aux bouleversements et aux crises que traverse le monde. Il a plaidé pour que l’humanité assume pleinement son rôle d’acteur politique et universel, « au-delà de sa seule dimension morale ».
S’appuyant sur le concept du « droit d’avoir des droits », le philosophe a soutenu que la garantie des droits fondamentaux doit incomber à l’humanité elle-même, et non à un système international exclusivement fondé sur les relations interétatiques. Une mutation paradigmatique qu’il juge indispensable pour assurer une protection effective des personnes en situation de migration.
La mobilité internationale, une chance à saisir
Le président du CCME, Driss El Yazami, a pour sa part insisté sur la nécessité d’être à l’écoute des attentes de la jeunesse face aux dynamiques migratoires en cours, soulignant que la mobilité internationale représente un levier réel d’ascension socio-économique, de formation et d’insertion professionnelle.
Il a également relevé que les grandes consultations nationales, notamment dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement, ainsi que les rapports de l’OCDE convergent vers le même constat : les aspirations des jeunes embrassent tout à la fois les dimensions sociales, économiques et civiques.
Dans le même esprit, la productrice du Festival Gnaoua, Neila Tazi, a affirmé avec force qu’« il n’y a pas de liberté sans jeunesse, car c’est la jeunesse qui réinvente ce que signifie être libre ». Face aux bouleversements engendrés par le numérique et l’intelligence artificielle, elle a appelé à reconstruire les structures intermédiaires pour mieux répondre aux nouvelles formes d’engagement des jeunes.
Regards croisés sur l’engagement d’une génération
Le forum a également accueilli un dialogue entre le ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, et l’ancienne ministre française Najat Vallaud-Belkacem. Tous deux ont abordé les enjeux contemporains liés à la jeunesse, « non comme objet d’analyse académique, mais comme force motrice au sein des sociétés, dans un contexte marqué par des transformations technologiques accélérées et des défis climatiques ».
Bensaid a tenu à rappeler que la jeunesse n’est pas une simple tranche d’âge ou une statistique, aussi représentative soit-elle, avec plus de la moitié de la population, mais une énergie vitale capable de façonner l’avenir. Il a insisté sur la nécessité de cultiver l’esprit d’initiative chez cette génération, afin de mobiliser pleinement ses capacités créatrices, notamment à l’ère de la montée en puissance des technologies.
Vallaud-Belkacem, quant à elle, a pointé une évolution qu’elle juge encourageante : un engouement croissant des jeunes pour l’engagement associatif, solidaire et environnemental, ainsi qu’une propension de plus en plus marquée à l’entrepreneuriat social, à travers la création de start-ups orientées vers le bien commun.
Rendez-vous désormais incontournable, le Forum des droits de l’Homme d’Essaouira réunit chaque année chercheurs, écrivains, artistes, responsables politiques, journalistes et acteurs de la société civile pour interroger les défis auxquels font face les nouvelles générations dans un monde en profonde transformation.
CCME









