M. Boussouf : le modèle de religiosité marocain est une contribution à l’universalité

samedi, 17 février 2018

M. Abdellah Boussouf, Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a présenté ses ouvrages ce samedi 17 février 2018 au stand du conseil au Salon du livre de Casablanca.

« L'Islam et le commun universel », paru en langues arabe, française et espagnole, « Islam, Occident et médias : La fabrique de la peur » et « Une monarchie citoyenne en terre d’Islam », des récits qui interviennent pour traiter de la même thématique, à savoir l’Islam et son rapport avec l’Occident et les valeurs du vivre-ensemble et de la paix.

Des références qui constituent des éléments de réponse à la question et au souci que « nous portons tous, celui de comment faire de notre patrimoine, notre culture et nos valeurs des outils pour le développement et l’intégration, où que nous vivions ».

Dans « L'Islam et le commun universel », M. Boussouf présente l’Islam en tant que religion porteuse de valeurs universelles humaines qui transcendent toute appartenance culturelle ou ethnique, « loin de tout ce que peut lui imputer les courants d’extrême-droite ».

Une synthèse de 14e siècle d'islam, ou le principe de la tolérance et du respect de l’autre a toujours été présent, qui démontre que l’Islam a toujours été un projet de vie et non un projet de mort ». D’ailleurs, « l'âge d'or de la religion juive par exemple a eu lieu en Andalousie, quand les sultans musulmans ont garanti à toutes les confessions de pratiquer leur religion, quelle qu’elle soit ».

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Un argumentaire historique, social et politique qui prouve aux instigateurs de la haine, de l’extrême-droite occidentale ou des islamistes radicaux, que les terroristes qui légitiment leurs actes par une quelconque appartenance à la religion musulmane n’ont rien à voir avec l’Islam, comme l’a bien affirmé Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans son discours contre le jihadisme quand il a dit que « les terroristes qui agissent au nom de l'Islam sont des individus égarés condamnés à l'enfer pour toujours » et qu’ils «  ne font que colporter le mensonge au nom de Dieu et du prophète ».     

Dans le deuxième ouvrage présenté dans cette rencontre, « Islam, Occident et médias : La fabrique de la peur », M. Boussouf essaye d’expliquer les raisons de ce terrorisme.

« Dans ce récit, l’on démontre que l’extrémisme n’est pas lié au Maroc ou au Maghreb mais prend ces racines en Occident car l’Islam pratiqué par la première génération d’immigrés marocains est imbu des valeurs marocaines authentiques du vivre-ensemble et de la tolérance », a indiqué M. Boussouf ajoutant que « les générations nées en Occident ont connu des épisodes d'instrumentalisation de l'Islam pendant la guerre d'Afghanistan pour faire face à l'URSS.

Les Etats-Unis avaient alors utilisé l’expression des « soldats de la liberté » pour désigner les soldats musulmans en guerre contre l’URSS et en faisaient des héros pour la jeunesse occidentale, « d'où un changement vestimentaire constaté dans les milieux musulmans par exemple ». 

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M. Boussouf a, en ce sens, rappelé que « plusieurs pays européens ont confié à l'Arabie saoudite la mission de gérer l'Islam en Europe, la représentation des Musulmans et l’enseignement de la religion musulmane contre le pétrole du Golfe, ce qui explique que les Maghrébins ne sont pas la cause de l'extrémisme mais l'Occident lui-même a fabriqué des terroriste ».

Une problématique complexe qui, selon M. Boussouf, peut être résolue si « Musulmans et Occidentaux se munissent de la transparence et de l’honnêteté intellectuelle » dans leurs réflexions engagées pour face à la radicalisation.

En contribution au débat sur l’Islam en Occident, M. Boussouf expose un modèle de religiosité qui a prouvé son efficacité dans un état contemporain qui est le Maroc, à travers son ouvrage « Une monarchie citoyenne en terre d’Islam ».   

Dans ce livre, « je démontre que les Marocains ne sont pas des sujets mais des citoyens dans un pays qui n’a jamais connu de monarchie citoyenne en 13 siècles d’histoire ». La bayaâ qui est à la base du pouvoir monarchique au Maroc, « revêt le double aspect de contrat et d'accord qui régit la relation entre le gouverneur et le gouverné ».

Le contrat de la bayaâ admet la notion de la révocation, comme dans le contrat social de Rousseau et celle de la prise de décision par un comité collégial constitué par les Ouléma, les savants, les artisans, etc, ce qui correspond au concept des grands électeurs aux États-Unis.

Ce sont là des éléments participatif au concept de l’universalité qui « n’est pas propre à l'Occident mais aussi venir de la part du sud », a indiqué M. Boussouf, affirmant qu’ « aujourd'hui il ne faut pas lire l'histoire des peuples à partir de l'histoire occidentale car il n’existe de pas de référence en matière d'histoire, ou un modèle historique ». Il a dans ce cadre donné l’exemple de la laïcité qui a été la conséquence du despotisme de la religion en Occident par exemple, « ce que nous n'avons jamais connu au Maroc, un pays ou l’état a duré 13 siècles dans aucune interruption contrairement à plusieurs pays occidentaux et qui a connu l'état-nation avant la France ».

Dans son ouvrage, M. Boussouf a démontré comment « la commanderie des croyants ne concerne pas que les Musulmans, mais aussi les Juifs et les Chrétiens » ou elle est garant de la liberté de croyance : « pour nous au Maroc, les synagogues et les églises ont le même degré de sacralité que les mosquées ». 

Un modèle de religiosité basé donc sur trois fondements que sont le dogme asha’arite, le rite malékite et le soufisme sunnite.

Le dogme asha’arite, souple, qui ne juge que le comportement apparent des individus évitant ainsi l’excommunication (takfirisme). Le rite malékite qui respecte les contextes culturels et sociaux des sociétés prônant les valeurs du vivre-ensemble et de la paix entre les différentes composantes religieuses de la société pour éviter les chocs et les affrontements entre les populations puis le soufisme sunnite, une zone tampon entre les croyances ou se rencontrent toutes les religions pour se connaître. 

L’art andalou, les marabouts ou les quartiers appelés « Mellah » qui existent dans la quasi-totalité des villes marocaines « sont le patrimoine commun de toutes les composantes religieuses au Maroc et les manifestations de cette culture de la diversité et du pluralisme ou les affluents juif et musulman font partie des composantes essentielles de l’identité marocaine unifiée ».  

« Une monarchie citoyenne en terre d’Islam » présente donc la profondeur historique du modèle marocain, les éléments de contribution du modèle au changement et son utilité.

« J’ai conclu que le modèle marocain de religiosité est utile et transposable dans son esprit et sa philosophie car il a prouvé son efficacité dans une société plurielle et a protégé le Maroc de la vague terroriste qui a touché presque tous les pays du monde », a indiqué M. Boussouf.

Un modèle qui peut être transposé selon trois principes : la connaissance de la religion avec un esprit critique, représenté par Ibn Khaldoun, la rationalité et l’étude du contexte représenté par Ibn Rochd, et l’amour, ou la religion de l’amour prônée par Ibn Al Arabi.

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