M. Boussouf : « le lien entre migration et terrorisme et dénué de fondement »

lundi, 22 avril 2019

« Les migrations ont constitué un élément essentiel du débat sur les questions d'extrémisme et de mondialisation », a affirmé M. Abdellah Boussouf, Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), expliquant que la migration a contribué à faire éviter à l’humanité de vivre dans des sociétés monolithiques et à consacrer les valeurs du vivre-ensemble, du dialogue des civilisations et de la transmission du savoir. M. Boussouf a tenu ces propos lors de son intervention à la séance d’ouverture de la première édition de l'Université du Printemps de Rabat des sciences sociales sur le thème « extrémisme, mondialisation et ères post-grand narratives », tenue lundi 22 avril 2019 à la faculté des sciences de l’éducation (FSE).

M. Boussouf a affirmé qu’établir le lien entre la migration et les actes terroristes est dénué de fondement car l’histoire a prouvé que la migration a contribué à bâtir les sociétés, notamment en Occident, et à libérer l’Europe du fascisme et du nazisme, précisant que l’humanité avait auparavant fait face à des groupes extrémistes occidentaux qui exprimaient leurs idées par la violence dans plusieurs pays européens.

Le Secrétaire général du CCME s’est par ailleurs félicité de la tenue de cet atelier scientifique et assuré que les universités sont l’espace le mieux approprié pour débattre des phénomènes de l’extrémisme et de la mondialisation instrumentalisés par les acteurs politiques à des fins politiciennes, notamment par l’extrême-droite qui s’en sert pour répandre la peur et recueillir les voix des électeurs en insistant à lier la migration et l’Islam au terrorisme et à la violence.

« Le chercheur académique s’attelle à trouver l’origine des phénomènes sociaux et les solutions durables adéquates, loin des idéologies et des influences politiques », affirme M. Boussouf ajoutant que l’approche sécuritaire dans le traitement des questions de l’extrémisme est certes essentielle mais a prouvé ses limites. Il est donc incontournable de mener un travail académique et intellectuel afin d’accompagner ces phénomènes puisque c’est le seul moyen à même de changer les structures mentales, et ce notamment à travers la production scientifique qui contribue à construire un commun universel.

M. Boussouf a en outre expliqué que les religions ne sont fondamentalement pas violentes, extrémistes ou meurtrières et que le terrorisme n’a ni religion ni nationalité mettant en exergue la singularité de l’expérience sociétale au Maroc qui a permis de « dépasser le vivre-ensemble entre Musulmans et croyants des autres religions monothéistes, en particulier ceux de confession juive, pour réaliser harmonie et symbiose unissant tous les Marocains ».

Cette séance d’ouverture modérée par le vice-doyen de la FSE, M. Abdellatif Kidai, a connu la participation du vice-président de l’Université Mohammed V, M. Ismail Kassou, du doyen de la FSE, M. Abdelhanine Belhaj, du sociologue Khalid Ghazali au nom du directeur du centre universitaire de la culture, du droit et des religions de l’Université italienne du Piémont oriental, du directeur de l’Institut de recherches et des études supérieures de Grenade, M. Mohammed Bensalah et du directeur du master « religion, politique et citoyenneté » à l’Université italienne de Padoue, M. Stefano Allievi.

CCME

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