Table-ronde : « le Maroc au pluriel »

jeudi, 14 février 2019

Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a tenu, jeudi 14 février 2019 au Salon du livre de Casablanca, une table-ronde sur “le Maroc au pluriel” animée par les chercheurs Mohammed Hatmi, Mohamed Reda Boudchar, Mohammed Ahmed Ghayn et Lahoucine Bouyaakoubi et modérée par Jaouad Achakouri, chargé de mission au CCME.

SIEL19 D7 TR1 CHAKOURi

Introduisant la rencontre, M. Achakouri a exposé les différentes études menées par le conseil qui ont pu montrer que “le besoin culturel et spirituel est de plus en plus important chez les jeunes générations de Marocains du monde”.  Il explique également que le choix du thème du pavillon du CCME pour cette édition du SIEL, “la culture marocaines au delà des frontières”, met en valeur la contribution intellectuelle et littéraire des Marocains du monde à l’enrichissement de la culture marocaines.

Lahoucine Bouyaakoubi : les différentes composantes de l’identité nationale ont promu l'unité dans la diversité

Dans son intervention, Lahoucine Bouyaakoubi a mis en valeur la composante amazighe de l’identité marocaine. “Depuis 2011, le Maroc a affirmé sa pluralité et notamment l’apport historique millénaire de l’amazighité et reconnaît la langue amazighe parmi les langues officielles du pays dès le préambule de la Constitution”. 

SIEL19 D7 TR1 BOUYACOUBI

Il précise que l’''amazighité n'est pas délimitée par un territoire mais comprend un esprit qui s'étend à tout le Maroc", présent dans plusieurs aspects de la vie “quotidienne et sociale marocaine”.

Des aspects qui se représentent dans le dialecte marocain par exemple : “l'influence de langue amazighe sur le dialecte arabe marocain est incontestable surtout dans la grammaire des phrases et leur lexique”, a-t-il noté, affirmant que 30% des mots marocains sont d’origine amazighe.

La dimension spirituelle est également empreinte de la culture amazighe : “l'islam marocain s'est imprégné de l’amazighité qui s’est chargée de le transmettre à plusieurs pays africains comme le Niger où plusieurs plusieurs chants soufis sont chantés en langue amazighe”.

“L'exception marocaine fait que les différentes composantes de l’identité nationale ont, à travers l’histoire,  promu l'unité dans la diversité”, a conclu le chercheur.

Mohammed Ahmed Ghayn : les aspects de la fabrication du sens de la culture marocaine

Le chercheur Mohammed Ahmed Ghayn a pour sa part mis en valeur la composante hassanie de l’identité marocaine qui s’est “construite dans une géographie ouverte et qui connu une mouvance et une circulation intrinsèques à cette ouverture”.

SIEL19 D7 TR1 GHAYN

Selon lui, la “fabrication du sens repose sur 4 aspects culturels majeurs, à savoir la représentation, les signes, les pratiques et les rituels”.

“La représentation de l'individu au sein du groupe met en œuvre l'image que nous avons de nous-même et la soumet à l'interaction avec les différentes autres composantes culturelles de la société.  Les signes, ou la langue dans un sens plus large, contenant la communication verbale ou non verbale comme l'habillement et gestuelle. Les pratiques, cet ensemble de comportements et d’attitudes qui se déploient pour la gestion des affaires quotidiennes et sociales, puis les rituels, espace où tous aspects sont investis pour produire l’essence même de la culture”.

Il explique que “les représentations de la culture Hassanie sont puisées dans la notion de l'ouverture, puisque la nature sahraouie est d'horizon délimitée contrairement à d'autres cultures sédentaires plus stables géographiquement”.

Mohamed Reda Boudchar : l’affluent andalous se traduit dans plusieurs aspects de la culture marocaine

Mohamed Reda Boudchar a exposé les différentes “interprétations de l’affluent andalous dans la culture marocaine” et rappelle, à cet effet, que “la culture marocaine est également très présente dans la société espagnole andalouse” mettant en oeuvre “cette interaction historique entre les deux pays”.

SIEL19 D7 TR1 BOUDCHAR

Il explique comment “l'esprit andalous se fait encore ressentir dans les villes mais aussi en milieu rural”, notamment en ce qui concerne  “les techniques agricoles. Une influence qui est aussi traduite dans “l'architecture, comme par exemple le concept andalous de la fontaine qui existent dans plusieurs maisons marocaines ancestrales”.

Il affirme que, “à travers des recherches et des études anthropologiques, plusieurs mots et plus de 2000 citations populaires ont été recensés d'origine andalouse” et que “le patrimoine immatériel que représente l'islam marocain sunnite puise profondément sa dimension soufie dans les rituels andalous”.

Mohammed Hatmi : le rite malékite qui a su  intégrer les minorités dans la société marocaine

Mohammed Hatmi a, quant à lui, mis en exergue l’importance de l’affluent hébraïque dans la culture marocaine.

SIEL19 D7 TR1 HATIMI

“Près de 3000 Marocains de confession juive au Maroc vivent au Maroc, essentiellement à Casablanca, maison compte près d’un million de Juifs d’origine marocaine dans le monde”.

Le chercheur affirme dans son allocution que “l'immigration a amplifié le sentiment d'appartenance de la diaspora marocaine de confession juive” qui a pu réalisé que “la marocanité est un enrichissement à la culture d'accueil”. Il se rappellent à cet effet les paroles de feu Hassan II qui avait dit “lorsqu’un juif s’expatrie, le Maroc perd un citoyen mais il gagne un ambassadeur!”.

Leur engagement qui se fait d’ailleurs ressentir ‘dans le plaidoyer assuré par les Marocains de confession juive pour les causes nationales comme celle de la souveraineté”.

La dimension spirituelle représente l’aspect le plus revendiqué par la diaspora juive selon Mohammed Hatmi : “plus de 50.000 Marocains de confession juive se déplacent au mois de mai au Maroc pour la Hiloula qui est aujourd’hui un événement intégré dans les circuits touristiques”.

Le chercheur explique que cette diversité a été facilitée par “le rite malékite qui a su  intégrer les minorités dans la société marocaine”.

Il appelle, à travers sa participation dans cette table-ronde, les institutions à “sensibiliser les jeunes à l’apport de l'affluent hébraïque dans la personnalité marocaine afin qu’ils puissent  prendre conscience de la richesse et de la diversité de leur identité”.

CCME

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