Expériences croisées du savoir-vivre marocain à travers le monde

jeudi, 14 février 2019

Le pavillon du CCME au Salon du livre de Casablanca a abrité, ce jeudi 14 février 2019, une table ronde sur le “savoir-vivre marocain à travers le monde”. Albert Oiknine, Faouzi Skali, Younes Duret et Souhaïl Serghini ont animé cette conférence modérée par Aziz Rifki, chargé de mission au CCME.

SIEL19 D7 TR1 RIFKI

“Le Maroc est une terre de civilisation millénaire qui se distingue par la vitalité de sa créativité dans des domaines artistiques comme la musique, le stylisme, la décoration en encore l'art culinaire”, a affirmé Aziz Rifki dans sa présentation de cette rencontre qui célèbre “la richesse de la culture marocaine qui fait la fierté et l'enchantement des Marocains du monde et qui gagnerait à être promue dans les estrades internationales et les sociétés d'accueil”.

Albert Oiaknine : je puise mon inspiration dans l’histoire et la culture de mon pays

Pour sa part, Albert Oiknine, a expliqué qu’il s’inspire de l’histoire de son pays et de sa double culture dans ses designs et ses créations de haute-couture.

SIEL19 D7 TR3 ALBERT

Il se réjouit d’avoir “impressionné les publics occidentaux à chaque fois qu’il a eu la chance de représenter le Maroc dans les évènements internationaux” et ravi de voir “la richesse de la culture marocaine se démocratiser et interagir avec les cultures orientales et occidentales”.

Il explique toutefois que “si le patrimoine culturel marocain peut être malaxé et adapté à plusieurs contextes, il faudra veiller à “en préserver les racines”.

Faouzi Skali : la diplomatie culinaire pour promouvoir la culture marocaine

Dans son allocution, Faouzi Skalli soutient que “l'art culinaire est un véhicule de la culture et une plateforme d'échange culturel qui s'inscrit dans l'histoire”.

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De son point de vue de président d’honneur du Festival de Fès de la diplomatie culinaire, il affirme qu’il est important de “faire associer de grands chefs internationaux qui déploient leur savoir-faire pour mettre en exergue ce patrimoine immatériel qui consacre profondément les valeurs du vivre ensemble et de l'apprentissage à travers l'autre”.

Il explique que mieux faire connaître notre culture il faudrait “s’inscrire dans une perspective d'ingénierie culturelle et de conceptualisation qui peut se traduire dans des stratégies nationales et internationales” et prendre conscience qu’”à travers sa gastronomie, le Maroc peut être mieux connu et plus découvert”.

Il affirme à cet effet que “l’art culinaire met en particulier en évidence les composantes et affluents amazighe, arabo-andalous et judaïque de la culture marocaine”.

Younes Duret : moderniser l’art du design marocain pour le faire connaître à l’international

Younes Duret est designer franco-marocain. Il est auteur, à travers ses créations, d’un “concept innovant d'interculturalité”.

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“J'ai créé l'agence "Design global" pour valoriser le patrimoine marocain et le faire voyager dans le monde”, a-t-il expliqué. “J’ai voulu changer une certaine idée-reçue selon laquelle le Maroc est un pays de sous-traitance et montrer qu’il est une source de raffinement et d’innovation”.

Son engagement pour la promotion de la culture marocaine l’a mené vers la publication d’un conte philosophique, “Le Petit Mouloud” qui se déroule autour de la notion du “souk” qui ne se résume pas “à un simple espace désordonné en étant une plateforme d’échange tout à fait logique”.

“On y redécouvre la générosité marocaine, le respect mutuel et la créativité que j’ai pu toucher dans la personnalité des différents artisans marocains que j’ai côtoyé au cours de mes diverses réalisation”, explique Younes Duret.

Grâce à ses nombreuses créations en décoration d’intérieur et création d’objets artisanaux, Younes Duret a pu représenter le Maroc dans les scènes internationales. Il a reçu en 2006 le prix Marc Charrass de la création et de l’innovation lors de la Biennale internationale du Design de Saint-Etienne pour son tricycle Belek.

Souhail Serghini : l’art est le meilleur moyen d’en finir avec le racisme et la haine

Souhail Serghini est chanteur compositeur et multi-instrumentiste marocain installé en Andalousie. En plus de sa passion artistique, il travaille au sein de la Bibliothèque d'Andalousie et préside la première association de Musulmans dans cette région.

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A travers sa sensibilité artistique, il réalise des fusion entre “la musique marocaine aux affluents amazighe, africain et andalous avec les grands genre de la musique occidentale comme le jazz et le pop”. Un travail qui peut, selon lui, “faire connaître et faire évoluer la musique marocaine à l'international”.

“On a toujours été ouverts aux influences occidentales mais on n'a jamais perdu l'essence de notre culture”, affirme Souhaïl Serghini appelant à “sensibiliser le jeune public pour maintenir le lien avec ses sources identitaires dans les écoles et les universités”.

Pour ce faire, l’artiste organise des ateliers pour les jeunes sous le thème "Afin de connaître l'autre, brisons les préjugés" soutenus par la Commission de la culture de l'Union Européenne.”

Un engagement qu’il consent car il conscient que “l'art est le meilleur moyen pour en finir avec le racisme et la haine qui sévissent dans les sociétés”.

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