vendredi 24 mai 2019 16:01

Mondialisation de la culture marocaine à l'ère du numérique

samedi, 16 février 2019

Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a organisé, samedi 16 février 2019 au Salon du livre de Casablanca, une table-ronde sur la "Mondialisation de la culture marocaine à l’ère du numérique". Fatna El Hamrit, Mariame Tighanimine, Sofia Kacim ont répondu aux question de Mohammed Moussaoui, membre du CCME et modérateur de cette rencontre.

Introduisant les différentes interventions, Mohammed Moussaoui a expliqué que plusieurs études récentes ont démontré que "les jeunes générations sont encore plus attachées à leur culture et " et expriment le besoin de mieux la connaître et la faire connaître". 

SIEL19 D9 TR2 MOUSSAOUI

"Les invitées sont un échantillon représentatif des mutations de l'immigration marocaine qui est plus jeune et plus féminine", a-t-il affirmé.

Sofia Kacim : je veux changer l'image que les Suédois ont des Marocains

Sofia Kacim est née en Suède. Elle s'est engagée depuis l'âge de 19 ans dans la politique puis dans "l'encouragement de l'entreprenariat féminin".

SIEL19 D9 TR2 SOFIA

"J'ai voulu changer la vision et l'image que les Suédois ont du Maroc" : " à chaque fois que je veux m'exprimer dans les réseaux sociaux ou dans les médias, je commence par dire que je suis marocaine parce que pour moi c'est enrichissant et c'est un avantage d'avoir plus d'une culture et plus d'une seule identité".

Son expérience en politique "avait prouvé ses limites", elle décide donc depuis 4 ans de créer un réseau sur internet pour "encourager les jeunes et notamment les femmes à exprimer leur culture dans un espace qui les rassemble"

 "J'ai senti que les femmes n'ont pas un espace où elles peuvent partager leurs cultures et les développer, j'ai donc pensé à créer une plateforme qui a pris de l'ampleur pour s'étendre dans 20 villes du monde dont Hongkong et Sydney".

Elle explique également que "la situation de la femme est instrumentalisée par la politique", " en Suède, qui fait partie des pays où les femmes sont plutôt favorisées" et que "ces dernières ne devraient plus regarder les débats sur sa situation se faire en elles et avoir le courage d'y participer".

Mariame Tighanimine : je suis marocaine, française mais surtout humaniste 

Mariame Tighanimine est entrepreneure depuis 10 ans et auteur du livre "différente comme tout le monde". Elle se dit  "être heureuse de voir l'identité multiple des membres de la communauté marocaine dans le monde être à l'origine de plusieurs productions".

SIEL19 D9 TR2 MERYEM

Pour la création de son magazine en ligne, elle explique que "sa marocanité l'a rattrapée" eu qu'elle a "voulu donner la parole aux femmes issues de la diversité".

"Être immigrée en France et être femme, ça faisait un peu trop de problèmes à la fois" surtout quand "il s'agit de la question de l'emploi : "je voyais beaucoup de femmes autour de moi voilées et diplômées mais qui ne trouvaient pas d'emplois pour des raisons souvent purement discriminatoires", "j'ai donc décidé de ne pas me confiner dans le regard de l'autre et de créer mon propre emploi en créant la propre entreprise".

"En voyageant,  j'ai essayé de m'affranchir de ces questions d'identité. Je réalise que je parle marocain, je mange marocain, je suis française mais que je suis surtout une humaniste interpellée par les grandes questions de ce monde", a affirmé Mariame Tighanimine.

Répondant à la question est-ce que le hijab est compatible avec l'engagement féministe? Elle répond qu'il y a de plus en "plus de femmes qui portent le hijab et qui s'engagent dans la vie sociale, leur travail prouvera que le hijab peut tout à fait être compatible" et démontrer surtout que "vrai changement est d'en arriver à juger le travail et non celui qui le fait".

Fatna El Hamrit : nous les jeunes devons transmettre nos valeurs d'origine aux Européens 

Fatna El Hamrlt a quitté le Maroc quand elle avait 3 ans pour s'installer avec sa famille à Venise.

SIEL19 D9 TR2 FATEMA

"J'ai toujours ressenti au fond de moi mon amour pour mon pays et pour ma petite ville Skhirat". Un amour et un attachement que la jeune blogueuse voyait grandir et voulait partager avec "les membres de sa communauté puis avec toutes les autres composantes de la société italienne".

Elle crée donc une application baptisée "the shukran" avec " 3 amis Marocains et 3 amis italiens pour faire connaître sa culture marocaine et musulmane à travers le monde : "on a créé cette application pour faire connaître la beauté de nos pays, de l'islam et de la culture marocaine et arabe".

"Nous jeunes avons cette mission de transmettre les valeurs qui nous ont toujours bercé aux Européens et faire en sorte que notre culture soit mondiale, explique Fatna El Hamrit. "Nous mettons donc en valeur notre histoire à travers l'art culinaire, l'architecture ou les paysages".

"Je veux laisser une empreinte à travers ce monde qui devient commun, celui d'internet. Notre application invite à contribution toute personne qui veut faire valoir son identité et interagir avec les cultures avec lesquelles nous vivons", a-t-elle poursuivi.

La blogueuse a fièrement précisé que son application "compte aujourd'hui un demi million d'utilisateurs. Nous figurons dans le top 10 des applications au Maroc".

CCME

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