vendredi 16 novembre 2018 18:22

Hommage à feu Abdelhamid Al Jamri

mercredi, 07 novembre 2018

A Dieu cher  ami Abdelhamid
J'ai appris avec une profonde émotion la nouvelle de la mort de mon ami Abdelhamid qui est survenue le mardi  6 novembre 2018, qu'il a accepté avec un esprit d'abandon serein à la volonté divine. Sa disparition est un motif de tristesse pour ses proches, pour les amis, pour toute la migration,  à laquelle il a tout  donné. Je me sens spirituellement proche de tous avec une profonde affection en ce moment de douloureux détachement.

Le malheur qui nous a frappé nous a laissé confondus de chagrin. Nous cherchons les mots qui pourraient inverser le cours inexorable du destin. Que peuvent les mots pour dire notre peine inexprimable? Nos cœurs pleurent auprès des siens et leur gardent toute leur tendresse.
Abdelhamid, était doué des plus belles qualités de l'esprit et du cœur, qui lui attirèrent l'estime et le respect, non seulement de toute sa famille, mais encore de tous ceux  qui avaient eu l'occasion de le connaître. Humble et pauvre être humain, mais riche en vertus; c'était une lumière au milieu des ténèbres de la mort.
On remarquait déjà en lui une modestie rare et pleine de réserve, une grande gentillesse et un jugement solide. Partout on l'écoutait avec admiration et avec plaisir, et sa compagnie était recherchée par tous.
Je l’ai vu pour la première fois en 2001 lors de la cérémonie de la fête de la fête du trône. Il dirigeait un atelier sur la migration marocaine.  Je l’ai trouvé d'un caractère dur mais affable, poli, et surtout très réfléchi. Pendant plusieurs rencontres, il nous entretint de différents points liés aux droits des travailleurs migrants. Et depuis, je garde le souvenir de cet ami éloquent , généreux et sincère, toujours disponible, qui nous a constamment encouragés et soutenus dans ce difficile  parcours.
Il résolut de s'attacher entièrement au service de la migration. A cet effet, il renonça généreusement à tout. Un zèle ardent et infatigable pour le soutien aux migrants travailleurs semblait sans cesse l'occuper. Il  employait tous ses moments de loisir à donner des conférences sur l’émigration et les droits de migrants. Ni les contrariétés qu'il éprouvait, ni les obstacles qu'il rencontrait, rien ne pouvait le détourner, de la sainte œuvre qu'il avait résolu d'accomplir. Aussi, chaque jour était marqué par un combat pour le bien être des travailleurs migrants.
Nous ne pouvons endurer la perte d’Abdelhamid. Notre chagrin est certes très justifié. Enfin, de même que de son vivant notre sentiment pour lui n'avait pas qu'une seule raison, de la même façon le regret qui nous fait souffrir de sa disparition n'a pas qu'une seule raison non plus. Car la providence semblait nous avoir donné cet homme; et nous l'aimons pour cela davantage que pour son affection pour les droits humains et la parfaite droiture de combat.
Qui pourrait donc ne pas aimer un pareil esprit ? Avec un ami il était tout amitié, si simple et si sincère que même s'il avait voulu simuler ou dissimuler quelque chose, sa nature aurait pris le dessus pour l' en empêcher; si empressé et si avide de faire du bien à tous qu'il se réjouissait même si ses bienfaits profitaient à des gens qui n'en étaient pas dignes. Sa probité était si parfaite qu'il mérite plus que personne qu'on lui applique le proverbe "on peut jouer à la mourre avec lui dans le noir" et, incapable de ne tromper personne.
Il donnait son pardon aux offenses quelle qu'en soit la gravité, avant même que l'offenseur ne l'ait demandé.
Aujourd'hui, nous rendons hommage à un homme qui a joué un rôle important dans l'Histoire de la migration. Il était parmi les grands défenseurs de la nécessité de résoudre le problème des droits des migrants. Il a apporté sa contribution à une expérience qui sert de modèle pour nous. Il a continué à travailler jusqu'à la dernière minute malgré la maladie.
C’est un personnage avec qui j’avais des relations de compréhension, de considération et de respect mutuel. Les souvenirs que je garde encore d’Abdelhamid datent de quelques jours lors de la rencontre sur le rôle des parlements et des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions Similaires d’Afrique face aux nouveaux défis de la migration. J’ai toujours en mémoire son eternel souci pour le soutien des migrants au Maroc. Il a œuvré avec talent pour le bien être de l’Afrique.
Ainsi mon Ami Abdelhamid, enlevé à la terre, a gagné une vie plus heureuse, laissant nous autres, dans un amer chagrin, profondément regretté de ses concitoyens et de tous ceux qui le connaissaient. En tout cas, pour montrer notre reconnaissance, prions bien tous pour le défunt, donnons à sa mémoire les louanges qu'elle mérite, soutenons la migration et les Migrants : car il ne cessera pas son activité par suite du décès d’un maître, mais au contraire il emploiera toutes ses forces à continuer en plus grand et en mieux ce qu’Abdelhamid avait commencé.
Birago Diop a écrit : « Ceux qui sont morts ne sont pas morts… » Et nous ajoutons, ils sont toujours présent par leur apport dans différentes institutions. Ces hommes de culture, des références, bref des monuments du savoir, ont laissé un vide énorme derrière eux.
S.M FARSSI
Membre du CCME

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