lundi 22 juillet 2024 22:08

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Crise économique et migrations: Pour les Marocains résidant à l’étranger, la crise a de beaux jours

Lundi et mardi, Rabat abritait une conférence internationale sur "l'impact des crises sur la migration". L'objectif affiché de cette rencontre de deux jours, était d'étudier l'impact des crises -surtout la crise économique actuelle- sur le phénomène migratoire, aussi bien pour les pays d'origine que les pays d'accueil.

Les participants à la session du lundi se sont penchés sur les effets de la crise sur les Marocains résidant à l'étranger (MRE), particulièrement ceux résidant en France, en Espagne et en Italie.

Des conditions de vie difficiles

Il ressort de cette première session, que les MRE sont acculés par des conditions de vie difficiles et à l'instar des autres communautés expatriées d'Europe, ce sont eux qui souffrent le plus de chômage car ils sont nombreux à travailler dans le secteur du bâtiment, un secteur particulièrement touché par la crise économique actuelle.

Selon ces participants, les MRE souffrent aussi de discrimination à l'embauche et au licenciement. Ils ont par ailleurs dénoncé les politiques  migratoires "restrictives" adoptées par l'Europe en faisant référence à la loi sur la réunification familiale en France, la loi sur la sécurité publique en Italie et les programmes de retour volontaire proposés par ces pays.

Conséquences économiques

Les principales conséquences annoncées par les intervenants sont le recul des investissements, une stagnation des acquisitions des biens de luxe mais surtout, une baisse des transferts de fonds des émigrés vers les pays d'origine. En effet, les transferts des émigrés vers les pays en voie de développement avaient augmenté de 15% entre 1997 et 2007. En 2008, ces flux financiers avaient atteint les 328 milliards de dollars mais cette année, la Banque mondiale prévoit une baisse de plus de 7%.

Les transferts des MRE ont accusé une baisse de 15,5% durant le premier trimestre à cause de la crise financière mondiale, avait indiqué le 26 mai dernier, le ministre de l'économie et des finances, Salaheddine Mezouar.

La fraise sur le gâteau

En juin dernier, Eduardo Martin Toval, conseiller du travail et des affaires sociales à l'ambassade d'Espagne à Rabat avait averti les femmes marocaines habituées à aller travailler dans les champs de fraises espagnoles, qu'il y aurait une "incidence à la baisse pour les recrutements de Marocains (...) car en ce moment, il est très difficile de trouver du travail".

Cette année donc, 5.500 ouvriers espagnols et étrangers résidant en Espagne ont été recrutés par les propriétaires et les coopératives de fraise. Quelque 3.000 autres ouvriers proviendront des pays de l'Est membres de l'UE alors que le reste, soit 2.500 ouvriers pour compléter les 11.000 ouvriers nécessaires à la campagne, seront recrutés parmi les chômeurs locaux. Une situation qu'a fortement condamné lundi à Rabat, le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

"Les politiques de repli identitaire, de fermeture des marchés de l'emploi et des frontières sont regrettables. Elles contribuent à renforcer certains préjugés à l'encontre des migrants et à alimenter la xénophobie au sein des populations d'accueil."

William Lacy Swing, directeur général de l'OIM

Voies de sortie

Pour s'en sortir, beaucoup de MRE ont décidé de se serrer les coudes et de faire preuve de plus de solidarité, comme le souligne Lahoussain Jamal, président de l'Association Migrations et Développement: "Les effets de la crise financière internationale participent à la consolidation des valeurs de solidarité entre les membres de la communauté marocaine établie à l'étranger, notamment envers les catégories en situation de précarité et les sans-papiers". Une solidarité également apprécié par les autorités marocaines.

"Une dynamique solidaire, privilégiant le partenariat et le co-développement, est la démarche la plus appropriée pour préserver à la fois les intérêts des pays de départ et d'accueil ainsi que les droits et acquis des populations immigrées."

Mohamed Ameur, ministre délégué chargé des MRE

A part la solidarité, les intervenants ont préconisé d'appuyer les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de mettre au point une banque de données portant sur les opportunités d'affaires au Maroc. Pour rappel, des mesures avaient déjà été prises pour aider les MRE: tout d'abord, la création d'un fonds d'aide à l'investissement destiné à inciter les MRE à investir davantage au Maroc ensuite, l'extension de la garantie "Damane Assakane" qui permet aux MRE notamment d'acheter ou de construire un logement avec des facilités de crédits et enfin, la suspension des commissions prélevées sur les transferts des MRE.

Source: Aufait

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