La porte-parole du gouvernement français a critiqué mercredi un projet de « nouvelle politique d’immigration » présenté par le président de l’UMP (droite) Jean-François Copé, en l’accusant de faire le jeu de l’extrême droite.
« La France dont semble rêver Jean-François Copé (…) est une France recroquevillée sur elle-même, une France étriquée », a déclaré la porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire.
M. Copé a présenté mardi les grandes lignes d’une proposition de loi qu’il compte déposer prochainement, qui redéfinit le « droit du sol » pour l’acquisition de la nationalité française et vise à rendre la France « socialement moins attractive » pour les immigrants.
Dans un contexte de montée de l’extrême droite et à quelques mois d’échéances électorales (européennes et municipales), le président de l’UMP a estimé qu’il faut « réécrire complètement la politique de l’immigration ».
Pour lui, si de nombreux hommes et femmes cherchent à venir en France, souvent illégalement, c’est que le pays est « le plus attractif socialement en Europe pour les immigrés ». Il propose donc notamment de supprimer l’aide médicale d’Etat pour les étrangers sans titre de séjour et de limiter l’accès au revenu minimum aux personnes ayant cotisé auparavant au moins dix ans.
Il demande aussi que les enfants d’immigrés, qui acquièrent aujourd’hui automatiquement la nationalité française à leur majorité, ne puissent l’obtenir « que s’ils le demandent ».
Le « droit du sol » que M. Copé veut ainsi réformer est un des fondements de la législation française sur la nationalité.
Ces propositions rejoignent des éléments du programme du Front national de Marine Le Pen.
« La France dont semble rêver Jean-François Copé, qui est une France recroquevillée sur elle-même, une France étriquée (…) n’est pas la France dont nous rêvons, nous, et que nous sommes en train de construire », a réagi Najat Vallaud-Belkacem, elle-même née au Maroc.
Sur son site internet personnel, la ministre a aussi estimé que « l’UMP, à force de se regarder dans le miroir que lui tend le Front National, ne sait plus qui elle est, ce qu’elle pense et en quoi elle croit ».
Marine Le Pen a qualifié la proposition de M. Copé sur la nationalité de « manoeuvre électoraliste et politicienne », estimant qu' »il aurait pu le faire quand son parti était au pouvoir ».
Le député Gilbert Collard, élu sous l’étiquette du Front national, a jugé que M. Copé avait « 30 ans de Front national de retard » et qu’il essayait « par tous les moyens d’appliquer, en s’en défendant », la politique que préconise ce parti.

23 oct. 2013
Source : AFP


