Jean-Marc Ayrault a annoncé lundi lors de l’inauguration du Mémorial du camp des Milles à Aix-en-Provence qu’un « plan d’action » contre l’antisémitisme et le racisme serait présenté « dans les prochaines semaines ».
« La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une priorité de mon gouvernement », a assuré le Premier ministre dans son discours d’inauguration du Mémorial du camp des Milles, seul grand camp d’internement et de déportation sous commandement français encore intact.
« Je réunirai un comité interministériel sur ce sujet dans les prochaines semaines, pour adopter un plan d’action », a-t-il annoncé.
Ce plan sera « d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées », a précisé le chef du gouvernement.
« Qui peut nier la résurgence de ce type de comportements » antisémites ou racistes?, a ensuite lancé M. Ayrault au cours d’une conférence de presse.
« Il est important sur ces sujets que l’Etat s’affirme (…) La France est une République laïque: ça fonctionne quand on rappelle sans cesse nos valeurs, pour qu’elles soient au coeur même de la vie collective », a-t-il souligné. Il a indiqué que son gouvernement travaillait « depuis plusieurs semaines » sur ce comité interministériel.
Il s’est aussi dit « stupéfait » après la publication du pamphlet de l’écrivain et éditeur Richard Millet sur le tueur norvégien Anders Breivik. « Vous allez me dire la liberté de la presse, de création… mais je renvoie l’auteur à ses responsabilités », a enchaîné M. Ayrault. « Je suis très choqué par cela, le risque est tout banaliser », a-t-il mis en garde.
« J’ai toujours peur de la banalisation et d’une sorte d’esthétisme de la violence », a expliqué M. Ayrault.
Dans un texte de 18 pages, publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux dans le recueil « Langue fantôme », qui a provoqué la stupéfaction et l’indignation de nombreux intellectuels, Richard Millet voit notamment en Breivik « un enfant de la ruine familiale autant que de la fracture idéologico-raciale que l’immigration extra-européenne a introduite en Europe ».
Le 24 août, Anders Breivik a été condamné à 21 ans de prison, peine qui peut être prolongée tant que le coupable du massacre de 77 personnes le 22 juillet 2011 est considéré comme dangereux.
10/9/2012
Source : Le Nouvel Observateur


