Le journaliste et intellectuel marocain Hamid Barrada est décédé dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026. Il laisse une œuvre qui a marqué la presse francophone, dont l’Anthologie d’entretiens [Volume I, 1977-2012], co-éditée en 2025 par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et Kulte éditions.
Un parcours entre engagement, exil et journalisme
Né en 1939 à Tanger, dans une famille nationaliste originaire de Fès, Hamid Barrada s’engage très jeune dans le militantisme étudiant. Élu en 1962 à la présidence de l’Union nationale des étudiants du Maroc, il est condamné à mort par contumace en 1963, ce qui le conduit à la clandestinité puis à l’exil, en Algérie et en France, jusqu’à son retour au Maroc en 1978.
Diplômé en philosophie, en droit et en sociologie politique, il rejoint l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont il est grand reporter puis rédacteur en chef de 1974 à 1985. Il dirige ensuite la rédaction Maghreb-Moyen-Orient de TV5, avant de présenter sur 2M, de 2007 à 2018, l’émission « Mais encore ? », où l’entretien prenait le temps de la réflexion et de la contradiction.
Une anthologie au service de la mémoire
En avril 2025, Kulte éditions et le CCME publiaient l’Anthologie d’entretiens [Volume I, 1977-2012], préfacée par Omar Berrada. L’ouvrage réunit des conversations menées avec des militants, des écrivains, des exilés et des responsables politiques qui ont fait l’histoire du Maghreb et du continent africain. Il revient sur l’histoire politique arabe, notamment dans ses rapports avec la France, des années 1970 aux années 2000. Présenté au Salon international de l’édition et du livre de Rabat, le 27 avril 2025, dans le cadre du programme culturel du CCME, il avait suscité l’hommage de chercheurs. Mohamed Tozy y avait salué la rigueur, la crédibilité et l’exigence de vérification de l’auteur.
Un héritage transmis aux générations futures
Au-delà de la disparition d’une figure de la presse, c’est la vocation de transmission de Hamid Barrada que retient le CCME. Son œuvre offre aux chercheurs, aux journalistes et aux Marocains du monde entier un accès direct à des voix et à des mémoires que le temps aurait pu disperser. En contribuant à la publication de cette anthologie, le Conseil a voulu faire vivre cette parole et la mettre à la disposition des nouvelles générations.









