Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a estimé jeudi que la hausse du chômage ne pouvait être imputée aux étrangers, lors d’un débat télévisé avec Marine Le Pen, qu’il a accusée de « démagogie » et de véhiculer une image de la France « rabougrie ».
« Par idéologie, vous voulez continuer à accueillir autant d’étrangers en période de crise, alors que nous n’avons plus rien à leur offrir », l’a attaqué d’emblée Marine Le Pen.
« Mme Le Pen, votre idéologie consiste à faire croire que l’on règle les problèmes uniquement à travers la problématique des étrangers », a-t-il riposté, lors de l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2.
« Non, il y a des solutions qui nous permettent de régler nos problèmes et de garder nos valeurs », a-t-il poursuivi en campant sur sa ligne: « Notre pays est en capacité d’accueillir les étrangers à condition que cette immigration soit maîtrisée. »
« Si le chômage augmente, ce n’est pas la faute des étrangers », a-t-il encore déclaré, en reconnaissant tout de même que l’immigration économique avait « de fait » déjà diminué et pourrait le faire encore si le contexte économique se dégradait davantage.
Alors que la dirigeante frontiste l’accusait de ne pas avoir « d’élans de coeur » pour les Français en période de crise, il l’a accusée de « démagogie ».
« Vous êtes dans le calembour », « vous avez l’outrance de la formule », a-t-il encore lancé lors de leurs échanges.
« Votre discours est celui d’un pays rabougri », a-t-il accusé, en se disant fervent défenseur de la laïcité: « C’est la meilleure réponse contre le communautarisme mais aussi contre le FN. »
6 décembre 2012
Source : Libération


