Dans le cadre d’une série de rapports thématiques visant à améliorer la gestion de l’immigration en Catalogne, région qui fait face aux retombées de la vaste campagne de régularisation lancée par le gouvernement Sánchez, la ministre catalane de l’Intérieur, Monica Martínez Bravo, a présenté un rapport élaboré par la « Commission d’experts pour la transformation et l’innovation sociale ». Ce groupe de professionnels indépendants, mandaté par le ministère des Droits sociaux, a été chargé d’analyser et de repenser l’architecture des services sociaux de la région.
Intitulé « Repenser la gestion de l’immigration en Catalogne », le rapport révèle que la région accueille officiellement 1,44 million de personnes immigrées, soit 18 % de sa population totale, un taux supérieur à la moyenne nationale espagnole. Les jeunes âgés de 20 à 49 ans représentent près de 60 % de cette population, et la communauté marocaine se hisse en tête des communautés étrangères présentes sur le territoire catalan.
Cette forte concentration de jeunes en âge de travailler fait de l’immigration un véritable levier économique pour la région. Les immigrés représentent en effet 22 % de la population active, un chiffre qui, selon le rapport, « illustre à quel point les performances du marché du travail catalan et sa capacité à croître dépendent largement de l’intégration des populations étrangères ». Le document souligne par ailleurs que les travailleurs étrangers constituent un maillon essentiel dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, mais aussi particulièrement exposés à des conditions de travail précaires : aide à domicile, soins aux personnes, agriculture et hôtellerie-restauration.
Le rapport pointe également les insuffisances des investissements publics dans l’éducation au regard de la réalité migratoire, dénonçant le manque de coordination entre les acteurs du secteur. Résultat : un élève d’origine immigrée sur trois abandonne sa scolarité prématurément.
Sur le plan des recommandations, les experts préconisent de renforcer le rôle de l’Agence pour l’immigration de Catalogne en lui accordant les prérogatives juridiques et les ressources nécessaires, financées directement par les municipalités selon la proportion d’immigrés enregistrés sur leur territoire. Ils appellent également les autorités locales à se doter des outils indispensables pour soutenir des projets communautaires capables de revitaliser la vie de quartier et de lutter contre les discriminations dans l’accès au logement et à l’école.
Dans une perspective de renforcement du vivre-ensemble, les experts recommandent en outre d’intégrer les apports transgénérationnels de l’immigration dans les programmes scolaires catalans, de consolider les initiatives éducatives et culturelles visant à contrer les discours de haine, notamment auprès des jeunes et sur les réseaux sociaux, et de valoriser les bonnes pratiques locales ainsi que les contributions positives des immigrés à la société catalane.









