Dans le cadre des activités du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) au Salon international de l’édition et du livre (CCME), l’académicien Abderrahman Tenkoul, s’est entretenu, mercredi 6 mai 2026 à Rabat, avec Maati Kabbal autour de son livre Le châtiment de la chair. L’ouvrage est paru dans la collection du CCME, aux éditions Toubkal.
Un roman pour préserver la mémoire
Dans son intervention lors de cette rencontre littéraire, l’académicien et doyen de la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès, Abderrahmane Tenkoul, a souligné que ce roman reflète le désir de l’auteur de préserver la mémoire et l’histoire de la tribu « Boubrik », dont le nom remonte à un personnage venu de Fès pour s’établir dans la région de Tadla après la mort du sultan Hassan Ier, et que l’auteur a choisi d’aborder la période historique de cette tribu qui se disloquera à la mort de son chef Boubrik.
Abderrahmane Tenkoul a présenté sa lecture de cette œuvre littéraire qui propose des portraits de personnages issus de la descendance du chef de tribu, en suivant les trajectoires personnelles de ces fils après sa mort, dans un cadre romanesque marqué par la violence, la pauvreté, la répression et la tragédie.

Tenkoul considère que cette œuvre reste fidèle à l’expérience d’écriture qu’offre Maati Kabbal « avec son style et sa langue auxquels nous sommes habitués dans ses écrits journalistiques et ses chroniques, une particularité qui fait que Kabbal se distingue du concept classique de l’écrivain et le dépasse pour être un chorégraphe et un spécialiste de la sémiologie, à travers ses textes courts qui traitent de sujets variés avec un regard sur l’histoire et la mémoire ».
Selon la lecture de Tenkoul, l’auteur a réuni dans cet ouvrage des personnages fictifs et d’autres historiques pour offrir un mélange de trajectoires, soulignant que la force de l’auteur se manifeste dans la distance critique qu’il prend vis-à-vis des stéréotypes et des schémas préétablis, contribuant ainsi à une réécriture de la littérature qui la place au cœur des transformations continues que connaît le Maroc.


De la nouvelle au roman
Pour sa part, Maati Kabbal a considéré que l’œuvre présentée est son premier roman, lui qui se trouvait à l’aise dans l’écriture de la nouvelle en arabe et en français, évoquant la difficulté de cette nouvelle expérience, notamment en ce qui concerne la synthèse d’une partie de l’histoire en un petit nombre de pages.
Kabbal dit qu’il retrace dans ce roman avec passion une page de l’histoire de la tribu Boubrik, dans la région de la Chaouia dont il est originaire, en suivant les trajectoires tragiques des fils du fondateur de la tribu qui se sont dispersés après sa mort.
À travers ce roman, Kabbal insiste sur le fait qu’il interroge l’écriture historique et particulièrement la façon dont les historiens et anthropologues français ont écrit sur le Maroc à cette époque, dans laquelle il trouve beaucoup d’exotisme et de racisme, ce qui impose selon lui de déconstruire cet héritage pour comprendre comment la France se représentait le Maroc.
Quant à l’objectif de ce roman, Kabbal le définit dans son désir de préserver et de partager cet imaginaire collectif et ce patrimoine culturel local et régional menacé de disparition, et de donner aux jeunes la possibilité de le découvrir et de se l’approprier, appelant à davantage de travaux sociologiques et anthropologiques sur la culture de la région.
CCME






