Pour Driss Yazami, président du CCME, «Le Maroc, comme l’ensemble des pays du Sud, connaît une croissance de la migration. Aujourd’hui, les flux migratoires sont de plus en plus Sud-Sud. Une situation qui s’explique par le durcissement des politiques européennes de migration».
Au Maroc, la migration subsaharienne a pris une ampleur considérable au cours de cette dernière décennie. Les flux migratoires subsahariens ont connu une tendance croissante. Aujourd’hui, il n’est pas difficile de faire le constat. La présence subsaharienne sur le sol marocain est de plus en plus visible, vu le nombre important des contingents de migrants dans les différentes villes du Royaume, notamment dans les métropoles : Casablanca, Rabat, Tanger.
Certains utilisent le Maroc comme un simple point de transit vers l’eldorado européen. En cas d’échec de passage, le transit se transforme dans bien des cas en un séjour permanent. Un sacré phénomène qui a renversé la donne. Le Royaume, toujours considéré comme un pays d’émigration vers l’Europe, est passé à une terre de transit et a tendance à devenir un pays d’immigration à part entière.
Ainsi, cette présence massive des Subsahariens interpelle l’ensemble des forces vives de la nation, en particulier les décideurs politiques et la société civile, pour se serrer les coudes et mener une réflexion sereine et sérieuse sur les politiques migratoires du pays, les structures d’accueil ainsi que pour insérer cette nouvelle donne dans le chantier lancé par le Maroc, en matière des droits humains.
Des actions permettant de relever un bon nombre de défis, le plus urgent est de faciliter l’accès des migrants en situation irrégulière à leurs droits de base. C’est dans cet esprit-là que le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IPPR) ont organisé, hier à Rabat, un séminaire sur cette question, et ce, en collaboration avec la plateforme pour la coopération internationale, sur les sans-papiers (PICUM).
Étude basée sur des entretiens avec les migrants
Placée sous le thème «les migrants en situation irrégulière au Maroc : entre droit et justice», cette rencontre avait comme objectifs de dresser l’état des lieux de ladite situation, de sensibiliser les acteurs concernés et de partager les expériences sur les différents enjeux auxquels les migrants irréguliers doivent faire face.
A cela s’ajoute l’identification des lois, des politiques et des pratiques pouvant faciliter leur accès à un statut légal, à des conditions de travail juste, aux soins de la santé, à l‘éducation. Bref, à l’ensemble des droits élémentaires à l’instar de la population marocaine. Pour ce faire, une pléiade de participants et d’experts a pris part à ce séminaire dont les travaux se sont appuyés, en particulier, sur les résultats préliminaires de «l’étude sur les migrants subsahariens en situation irrégulière au Maroc». Celle-ci a été conduite par l’IPPR en partenariat avec le CCME. Et ce, dans le cadre du projet «Beyond Irregularity», financé par l’UE et portant sur la migration irrégulière d’Afrique subsaharienne et des pays du Maghreb vers l’Europe.
5 juillet 2012, Soumaya Bencherki
Source : Le Matin


