Dans une décision qui illustre le durcissement de la politique migratoire européenne, le Parlement européen a adopté, jeudi 26 mars 2026, un texte prévoyant le renforcement des sanctions à l’encontre des migrants en situation irrégulière, ainsi que la création de « centres de rétention » en dehors du territoire de l’Union européenne, destinés à accueillir les demandeurs d’asile déboutés.
Le texte prévoit également des sanctions plus sévères à l’égard des migrants refusant de quitter le territoire, notamment la détention et l’interdiction d’entrée. Ces mesures s’inscrivent dans un mouvement de resserrement législatif qui gagne l’ensemble du bloc des 27, sous la pression croissante des opinions publiques en faveur d’une limitation de l’immigration.
Le scrutin a été acquis par 389 voix pour et 206 voix contre. La majorité des États membres, relayée par les élus de droite et d’extrême droite, qui ont salué le résultat par des applaudissements nourris dans l’hémicycle, selon l’Agence France-Presse, avait réclamé de telles mesures.
Ces dispositions font néanmoins l’objet de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, et divisent les capitales européennes. La France et l’Espagne notamment ont exprimé des doutes quant à l’efficacité de ces centres, que le Comité international de secours, une ONG de premier plan, qualifie de « vides juridiques insurmontables ». Le Royaume-Uni a lui renoncé à son projet de transfert de migrants non enregistrés vers le Rwanda, tandis que les centres gérés par l’Italie en Albanie pour l’instruction des demandes d’asile se heurtent à des obstacles judiciaires et à un faible taux d’utilisation.
Ses partisans font valoir, en revanche, que ces structures pourraient constituer un effet dissuasif, décourageant les candidats à l’exil de tenter la traversée vers l’Europe, et contribuer à améliorer les taux de retour dans les pays d’origine, seuls 20 % des personnes ayant fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire dans les pays européens y donnent actuellement suite.
Pour entrer définitivement en vigueur, le texte devra faire l’objet de négociations en trilogue avec le Conseil européen, avant d’être soumis à un ultime vote au Parlement.







