La France traverse depuis plusieurs années une transformation démographique profonde, marquée par un recul des naissances et une hausse des décès. Une tendance que partagent de nombreux pays européens, faisant de l’immigration un levier décisif pour maintenir l’équilibre démographique, tant en France qu’au sein de l’Union européenne.
Dans une étude publiée mercredi 25 mars 2026, l’Institut national d’études démographiques (INED) révèle que la France a enregistré en 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un déficit naturel : le nombre de décès a dépassé celui des naissances. Un constat qui soulève des interrogations sur l’avenir de la croissance démographique de ce pays de 69 millions d’habitants.
Si la population a tout de même progressé légèrement en 2026, de l’ordre de 0,25 %, le solde naturel, lui, accuse une dégradation spectaculaire : il est passé d’un excédent de 205 000 personnes en 2015 à un déficit de 6 000 en 2025. Cette érosion s’explique, selon l’article paru dans la revue Population & Sociétés, principalement par la chute de la natalité, conjuguée à une hausse relative des décès, au vieillissement de la population, et à un recul de la fécondité au sein de la société française.
Dans ce contexte, l’analyse souligne que la légère progression du nombre d’habitants, malgré ce recul démographique, est avant tout imputable à l’excédent migratoire. En 2025, le solde net des migrations, soit la différence entre les entrées et les sorties d’étrangers sur le territoire, s’est établi à environ 176 000 personnes. Un chiffre qui illustre le rôle croissant de l’immigration comme principal amortisseur du déséquilibre entre naissances et décès.
L’étude de l’INED élargit par ailleurs son champ d’analyse à l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, en s’appuyant sur les données d’Eurostat pour l’année 2024. Le constat est sans appel : les décès ont excédé les naissances de plus de 1,2 million de personnes à l’échelle du bloc. Pourtant, la population totale a continué de croître, uniquement grâce à un solde migratoire positif.
Les auteurs projettent que l’immigration restera un pilier fondamental de la stabilité démographique au sein de l’Union. À titre de démonstration, ils avancent un scénario sans migration qui aboutirait à une perte de plus de 45 millions d’habitants d’ici à 2050, soit un écart de 10 % par rapport aux projections actuelles, lesquelles tablent sur une population de 450 millions de personnes dans l’UE à cet horizon, flux migratoires inclus.
En définitive, l’étude conclut que la pérennité de l’équilibre démographique en France comme en Europe reste tributaire des flux migratoires pour compenser les déficits naturels à venir et ce, même dans l’hypothèse d’une remontée future des taux de fécondité.







