Depuis 2019, la main-d’œuvre étrangère a largement contribué à la croissance du marché de l’emploi au sein de l’Union européenne, sauvant la dynamique économique et démographique de la France, de l’Italie, de l’Allemagne et de l’Espagne. L’immigration devrait continuer à augmenter l’offre de main-d’œuvre et, par conséquent, stimuler la croissance.
Selon le dernier rapport de conjoncture économique publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques français (INSEE), la population active (en âge de travailler, entre 15 et 64 ans) a augmenté entre 2019 et 2024 de 6,9 % en Italie, de 7,3 % en France et de 14,2 % en Allemagne. En Espagne, cette hausse atteint 33 %.
Le document consacre une partie à la conjoncture internationale, mettant en lumière l’impact positif de l’immigration sur les économies des quatre principaux pays de l’Union européenne. Les dynamiques migratoires ont considérablement soutenu l’emploi depuis 2019 dans trois des grandes économies européennes. Les travailleurs nés hors de l’Union européenne ont contribué à une hausse de 3 % du taux d’emploi, compensant ainsi la baisse de 2,7 % enregistrée parmi les ressortissants nationaux. En Espagne, où le taux d’emploi a progressé d’environ 9 % ces cinq dernières années, cette augmentation est principalement attribuable aux personnes nées à l’étranger.
Le cas français : une exception notable
Concernant la France, le rapport souligne une particularité qui la distingue des autres pays européens étudiés. L’augmentation de l’emploi global dans le pays depuis 2019, supérieure à 5 %, a principalement bénéficié aux personnes nées sur le territoire national. Toutefois, le nombre de travailleurs étrangers actifs dans le pays a augmenté de 380 000 personnes en cinq ans, avec un taux de féminisation élevé approchant 60 %.
Parmi les spécificités du cas français en matière d’emploi des personnes nées à l’étranger figure l’augmentation de l’embauche de travailleurs étrangers hautement qualifiés. Le taux d’emploi des étrangers dans les professions nécessitant une formation supérieure dépasse en France celui des autres pays européens. L’INSEE confirme que trois quarts de l’augmentation de l’emploi des immigrés en France entre 2019 et 2024 concernent des personnes titulaires de diplômes de l’enseignement supérieur, contre seulement un tiers en Allemagne et en Espagne, et un quart en Italie.
Des profils professionnels contrastés selon les pays
S’agissant des qualifications professionnelles exercées par les immigrés, l’Espagne se caractérise par une prédominance des métiers ne nécessitant pas de qualifications élevées dans l’évolution de l’emploi des personnes étrangères, tandis que les citoyens espagnols occupent davantage les postes requérant des diplômes supérieurs. En Italie, les emplois occupés par les immigrés depuis 2021 se répartissent équitablement entre les métiers ne requérant pas de formation académique et les professions intermédiaires, l’accès des étrangers aux fonctions administratives restant très limité. En Allemagne, la moitié des emplois créés pour les immigrés sont des postes à faibles qualifications, l’autre moitié se répartissant entre les professions intermédiaires et celles nécessitant des diplômes supérieurs.








