L’impact positif de l’immigration sur la croissance démographique et l’atténuation du fossé entre le vieillissement de la population et le dynamisme économique en Europe est une réalité confirmée par la plupart des études démographiques récentes.
L’Espagne a fait figure d’exception en matière de gestion de l’immigration en adoptant une approche ouverte aux étrangers qui encourage leur intégration sur le marché du travail et s’efforce de régulariser leur situation juridique, contrairement à d’autres pays européens qui ont choisi d’aborder la question de l’immigration sous un angle électoraliste, en associant le durcissement des lois sur l’immigration à la mobilisation des électeurs, dans un contexte de montée notable de l’extrême droite dans les résultats électoraux et les sondages d’opinion.
Mais la politique migratoire espagnole, élaborée et défendue par le gouvernement de coalition dirigé par le Parti socialiste ouvrier, trouve son explication dans une série de rapports qui font de l’immigration un levier démographique et un moteur de croissance économique.
Dans ce contexte, une étude publiée mercredi 11 février 2026 par la Fondation pour les études d’économie appliquée (Fedea) a révélé que l’immigration a atténué le déclin démographique (différence entre le nombre de personnes actives et le nombre de personnes hors âge de travailler) d’environ 60 %, affirmant que sans les migrants, la proportion de la population en âge de travailler aurait diminué à un rythme annuel beaucoup plus important entre 2000 et 2019, ce qui aurait considérablement réduit le potentiel de croissance du revenu individuel.
Selon l’étude intitulée « Immigration, vieillissement et dividende démographique : le cas de l’Espagne en perspective », menée par une équipe de recherche sous la direction de José Ignacio Condé Ruiz, titulaire de la chaire d’analyse économique à l’Université Complutense de Madrid, la démographie en Espagne a été un moteur de la croissance économique au cours des années 80 et 90, mais ce n’est plus le cas depuis 2000. Cependant, l’immigration a permis de limiter la baisse de la croissance démographique à 4,6 points de pourcentage au lieu de 7,8 points, baisse qui aurait été enregistrée sans les flux de travailleurs étrangers.
En ce qui concerne le marché du travail, l’étude a conclu que l’impact net de l’immigration sur le taux d’emploi a été faible entre 2000 et 2019, mais que la situation a clairement changé entre 2020 et 2024, l’immigration ayant contribué positivement à la croissance du taux d’emploi, avec une contribution supplémentaire de 0,22 point de pourcentage par an.
Sur la base de données statistiques, l’étude prévoit que l’immigration atténuera à l’avenir le vieillissement de la société et le déclin de la population en âge de travailler. Elle a également souligné plusieurs défis pour la croissance économique, notamment l’intégration et la qualification, car pour tirer parti de l’augmentation de la main-d’œuvre, il faut mettre en place des parcours d’intégration sur le marché du travail, reconnaître les compétences et réduire les écarts en matière d’éducation.
L’étude conclut que l’immigration reste un élément essentiel de la croissance démographique, mais que sa contribution à la croissance économique dépend de la capacité à accroître sa productivité et à adapter les politiques d’intégration aux besoins du marché du travail, à l’éducation et à la technologie.









