De Guindos plaide pour une gestion maîtrisée des flux migratoires
Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a affirmé mardi 21 avril 2026, lors d’une rencontre avec la presse à Madrid, que l’immigration constituait « une nécessité absolue pour l’Espagne et pour l’Europe », en dépit des réticences exprimées par certains milieux politiques et économiques.
La moitié de la croissance espagnole portée par l’immigration
Lors de ce forum organisé par le quotidien La Razón, le haut responsable financier européen a souligné que la moitié de la croissance économique enregistrée par l’Espagne ces dernières années était directement imputable à l’essor démographique généré par l’afflux de populations étrangères.
Il a néanmoins tenu à préciser que la dynamique migratoire ne saurait être instrumentalisée à des fins d’attraction artificielle de main-d’œuvre, ni exploitée dans le cadre d’activités illicites.
La crise du logement, talon d’Achille de l’intégration
De Guindos a appelé à maximiser les bénéfices de l’immigration tout en atténuant les tensions qu’engendre l’arrivée massive de migrants sur les côtes européennes. Parmi les défis les plus pressants, il a pointé du doigt la problématique de l’accès au logement, plaidant pour une augmentation substantielle de l’offre immobilière.
« L’une des principales conséquences de l’évolution migratoire est la croissance démographique, et le secteur qui doit absorber cette réalité est précisément celui de la location. La forte contraction de l’offre a provoqué une crise d’accès au logement sans précédent », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par le journal.
Le responsable européen a par ailleurs insisté sur l’impératif, pour le prochain gouvernement espagnol, de gérer les flux migratoires « de manière ordonnée », en veillant à éviter tout effet d’appel susceptible d’alimenter une immigration incontrôlée.
Madrid régularise près d’un demi-million de sans-papiers
Dans ce contexte, le gouvernement espagnol, conduit par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a décidé de mettre en œuvre un plan de régularisation administrative en faveur des migrants en situation irrégulière présents sur le territoire national, ciblant environ 500 000 personnes.
Le dispositif est entré en vigueur dès la semaine dernière, à la suite de la publication au Journal officiel du décret royal encadrant les procédures applicables. Ce texte ouvre la voie à l’obtention d’un titre de séjour et de travail d’une durée initiale d’un an pour les personnes résidant illégalement en Espagne, ainsi que pour les demandeurs de protection internationale remplissant les conditions requises, dans une logique d’intégration progressive au sein du cadre juridique régissant les ressortissants étrangers dans le pays.







