À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, célébrée chaque année le 15 mars sous l’égide des Nations Unies, la salle de l’Assemblée générale à New York a accueilli un événement de haut niveau organisé en partenariat avec l’Organisation de la Coopération Islamique et l’Alliance des civilisations de l’ONU.
Dans son allocution prononcée à cette occasion, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a mis en garde contre la recrudescence de l’islamophobie et des discriminations à l’encontre des musulmans, qui revêtent des formes multiples. Certaines sont manifestes — discrimination institutionnelle, marginalisation socio-économique, restrictions généralisées à l’immigration —, d’autres plus insidieuses : des opportunités refusées dans le silence, des préjugés laissés sans correction.
Guterres a également mis en cause, dans son discours publié sur le site officiel de l’ONU, les détenteurs du pouvoir ainsi que les entreprises technologiques, les appelant à assumer leur responsabilité directe dans la lutte contre les discours haineux. Il a averti des dangers d’une normalisation de ces biais, susceptible de les ériger en réalité institutionnelle.
« Lorsque des gouvernements, des responsables politiques ou d’autres dirigeants déshumanisent les musulmans et les désignent comme responsables de tous les maux de la société, il n’est pas surprenant que certaines personnes se sentent encouragées à exprimer leur haine », a averti Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. En ce sens, M. Guterres a insisté sur la nécessité que lois et politiques garantissent l’égalité, et a exhorté les entreprises technologiques à faire des espaces numériques « un pont vers le rapprochement, et non une source de division ».
De son côté, l’Envoyé spécial de l’ONU pour la lutte contre l’islamophobie, Miguel Ángel Moratinos, a appelé à intensifier les efforts à l’échelle mondiale pour contrer la haine, la discrimination et l’intolérance visant les communautés musulmanes. Il a estimé que la commémoration de cette journée internationale témoigne d’une prise de conscience croissante de la communauté internationale : l’hostilité envers les musulmans s’inscrit dans une vague plus large de racisme et d’intolérance religieuse.
L’envoyé onusien a par ailleurs souligné que la lutte contre l’islamophobie ne se limite pas à la protection des communautés musulmanes, mais engage la défense de valeurs universelles — dignité humaine, égalité, liberté de religion et de conviction —, valeurs consacrées par la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme.






