Pour la première fois dans l’histoire du dialogue social au Maroc, les trois principales centrales syndicales, à savoir l’Union Marocaine du Travail (UMT), l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) et la Confédération Démocratique du Travail (CDT) unissent leurs efforts autour d’une cause commune : la défense des droits des travailleurs migrants et réfugiés présents sur le sol marocain. Cette convergence inédite, annoncée pour la mi-mai 2026, constitue un tournant majeur dans l’histoire du mouvement ouvrier marocain.
La campagne conjointe se déclinera en une série d’actions d’information et de sensibilisation destinées aux travailleurs migrants, aux employeurs et aux pouvoirs publics : ateliers itinérants dans les villes à forte concentration migratoire, diffusion de guides pratiques multilingues sur les droits du travail, permanences juridiques gratuites et plaidoyer commun auprès du ministère du Travail pour une extension effective des protections légales.
L’initiative répond à une réalité préoccupante : malgré les avancées de la politique nationale d’immigration de 2013 et les régularisations successives, de nombreux travailleurs étrangers continuent d’évoluer dans des zones grises juridiques, exposés à l’exploitation et aux discriminations. Elle s’inscrit également dans les engagements pris par le Maroc dans le cadre du Pacte mondial pour des migrations sûres adopté à Marrakech en 2018, et dans les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT) appelant les syndicats africains à intégrer les migrants dans leurs mandats de représentation.
Sur le plan historique, la décision de ces trois centrales aux cultures militantes distinctes de transcender leurs rivalités traditionnelles témoigne d’une maturité nouvelle face aux transformations profondes du marché du travail. Un comité de pilotage paritaire a déjà été constitué pour coordonner les interventions sur le terrain.
Ancrée dans la charte commune signée en 2022 avec la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et soutenue par l’OIT, la campagne concentrera ses actions dans les régions d’Agadir, de Tanger et de Rabat-Kénitra, où les travailleurs étrangers sont particulièrement présents dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services.









