Les 18 et 19 juin 2026, l’Université internationale de Rabat (UIR) a accueilli la deuxième édition des Moumkine Days, organisée par le Forum marocain des compétences et des élites. Sous le thème « Mobiliser les compétences marocaines du monde pour la souveraineté numérique et la stratégie IA 2030 », l’événement a réuni des experts, des décideurs et des membres de la diaspora autour d’enjeux stratégiques pour le Maroc. Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) y a participé en tant que partenaire institutionnel.

Un programme structuré autour des enjeux du numérique et de l’IA
La deuxième édition des Moumkine Days a réuni des représentants des milieux académiques, institutionnels et entrepreneuriaux. Parmi les invités d’honneur figuraient Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental, le général Abdallah Boutrig, directeur général de la DGSSI ainsi que Noureddine Mouaddib, président de l’UIR. Le CCME était représenté par son président, Driss El Yazami, qui a prononcé l’allocution de clôture de la première journée.
Le programme s’est articulé sur deux jours autour de quatre panels thématiques : le rôle des Marocains résidant à l’étranger (MRE) dans la révolution numérique du Maroc, l’innovation académique et le transfert technologique, la compétitivité de l’IA, et la souveraineté ainsi que la cyber-résilience des systèmes d’information. La deuxième journée a été consacrée à des ateliers de travail dont les résultats ont été restitués en séance plénière.


Le CCME, partenaire institutionnel de l’édition 2026
Le CCME a pris part à cette édition en qualité de partenaire institutionnel, aux côtés du CESE et de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger. Dans son allocution, Driss El Yazami a inscrit la mobilisation des compétences marocaines dans trois éléments de contexte. Il a d’abord relevé la tension qui caractérise les débats mondiaux sur la migration, entre repli politique dans plusieurs pays du Nord et compétition accrue pour les ressources humaines qualifiées, illustrée notamment par les plans d’attraction de main-d’œuvre lancés par des pays comme l’Allemagne, 400 000 personnes par an d’ici 2030.
Il a ensuite rappelé les mutations des communautés marocaines à l’étranger, qui comptent aujourd’hui plus de six millions de personnes, dont près d’un sur cinq est titulaire d’un diplôme universitaire. S’appuyant sur les discours royaux d’août 2022 et de novembre 2024, il a souligné que cette communauté constitue « une ressource essentielle et centrale » pour les projets de développement du pays, et que la politique de la diaspora est aujourd’hui à un tournant appelant des réformes institutionnelles et un renforcement de l’effort national.

Un appel à l’écoute réciproque entre le Maroc et sa diaspora
Dans la partie conclusive de son intervention, Driss El Yazami a mis en avant la nécessité d’une relation fondée sur l’écoute mutuelle. Citant le sociologue Abdelmalek Sayad, « On n’émigre pas impunément », il a rappelé que l’émigration transforme aussi bien les individus que les sociétés d’origine, et que le dialogue entre les institutions marocaines et la diaspora doit tenir compte de ces évolutions dans les deux sens.
La présentation d’un Livre blanc sur la stratégie IA Maroc 2030, accompagnée des recommandations issues des ateliers, a illustré la vocation du Forum Moumkine à produire des livrables concrets destinés à être diffusés auprès des décideurs et du grand public. Le président du CCME a conclu son intervention en citant l’UIR comme exemple de ce que peut réaliser la diaspora marocaine lorsque des compétences établies à l’étranger s’engagent dans des projets ancrés au Maroc.
CCME









