Dans une évolution démographique comparable à celle que connaissent plusieurs pays européens au niveau de la pyramide des âges, le think tank britannique Resolution Foundation prévoit que le nombre de décès au Royaume-Uni dépassera en 2026 le nombre de naissances, une tendance qui pourrait s’installer durablement. Cette situation accentuera la dépendance du pays à l’immigration pour compenser le déclin de sa population.
Le rapport de ce centre de réflexion britannique, largement relayé par les médias, met en lumière ce qu’il qualifie de « nouvelle ère » susceptible d’entraîner une hausse de la fiscalité pour pallier la diminution de la population active.
Dans ce contexte, le quotidien The Independent souligne que ce basculement démographique contraindra la Grande-Bretagne à s’appuyer sur l’immigration pour maintenir sa croissance démographique, seulement six mois après que l’Office national des statistiques ait prévu une augmentation de 5,9 % de la population d’ici 2032 grâce aux flux migratoires.
Citant le rapport « Perspectives 2026 » récemment publié par le think tank, le journal ajoute que « les chiffres récents montrant un recul des niveaux d’immigration vers le Royaume-Uni, conjugués à l’évolution du rapport naissances-décès et à la hausse des dépenses publiques, poussent cette institution à alerter sur la baisse de la population en âge de travailler, l’augmentation de la pression fiscale et la fragilisation croissante du paysage politique ».
Greg Thwaites, directeur de la recherche à la Resolution Foundation et coauteur du rapport, a déclaré à la presse que 2026 sera une année charnière où le nombre de décès commencera à dépasser celui des naissances. « Par conséquent, sans immigration, la population commencera à diminuer », a-t-il précisé, soulignant que cette nouvelle donne pourrait transformer le débat sur l’immigration : d’une controverse sur la « surpopulation » présumée du pays à une réflexion sur la gestion d’un déclin démographique.
De son côté, Ruth Curtice, directrice générale de Resolution Foundation, affirme que la perspective d’une contraction de la population autochtone « doit nous amener à poser des questions fondamentales sur l’avenir de nos services publics et les recettes fiscales nécessaires à leur financement, dans une société vieillissante ».
Les statistiques officielles du ministère britannique de l’Intérieur révèlent une chute spectaculaire de l’immigration nette (différence entre arrivées et départs) au Royaume-Uni entre juin 2024 et juin 2025, tombée à 204 000 personnes contre 609 000 l’année précédente. Cette baisse devrait se poursuivre en raison du durcissement des lois sur le séjour et des procédures d’obtention de visas, amorcé sous le précédent gouvernement de Rishi Sunak et maintenu par l’actuel exécutif travailliste de Keir Starmer.







