Un sondage récent publié au Royaume-Uni révèle une perception de plus en plus négative de l’immigration chez les citoyens britanniques, dix ans après la ratification du référendum sur la sortie de l’Union européenne.
L’enquête, publiée récemment par l’institut britannique YouGov, organisation internationale spécialisée dans les sondages d’opinion et les études de marché, a repris les mêmes questions sur l’immigration posées aux Britanniques en 2016, en pleine campagne du Brexit, afin de mesurer l’évolution de l’opinion publique au cours de la dernière décennie. Les résultats montrent que 69 % des Britanniques estiment que le nombre d’immigrés au Royaume-Uni est trop élevé, une proportion quasi identique aux 70 % enregistrés en 2016.
« L’analyse des données les plus récentes sur les électeurs, datant de 2024, révèle une tendance prévisible : les électeurs du Parti vert, du Parti travailliste et des Libéraux-démocrates sont les moins enclins à penser qu’il y a trop d’immigrés, tandis qu’une large majorité des électeurs du Parti conservateur et de Reform UK (parti de droite) partagent l’idée d’une immigration excessive au Royaume-Uni », précise le document.
Un basculement dans la perception de l’impact de l’immigration
S’agissant de l’évaluation de l’impact de l’immigration sur la société britannique, le sondage met en évidence un net basculement de l’opinion publique. La proportion de personnes estimant qu’elle est bénéfique pour le pays est restée stable autour de 20 %, soit un niveau quasiment inchangé par rapport à il y a dix ans. En revanche, la part des Britanniques jugeant l’immigration néfaste pour leur pays a progressé d’environ 10 points par rapport à 2016, pour atteindre 44 %.
Dans le même temps, la proportion de personnes considérant que l’effet de l’immigration est « tantôt positif, tantôt négatif » a reculé à 29 %, contre 38 % en 2016, signe que les avis jusque-là partagés se sont, ces dix dernières années, davantage cristallisés contre l’immigration.
Interrogés sur les critères jugés nécessaires pour accepter l’installation de migrants au Royaume-Uni, les sondés ont massivement plébiscité (94 %) l’absence de casier judiciaire. Viennent ensuite la maîtrise de l’anglais, citée par 86 % des répondants, une proportion quasi identique à celle accordant de l’importance à la possession de compétences professionnelles, que ce soit dans le secteur des services ou dans les branches où le Royaume-Uni fait face à une pénurie de main-d’œuvre.
CCME







