L’Institut du monde arabe à Paris a dévoilé, jeudi 3 septembre 2026, la liste officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe, au titre de l’année 2026.
Parmi les romans retenus dans la sélection finale de ce prix littéraire figure « Madame Bovary, ma mère et moi », de l’écrivaine franco-marocaine Samira El Ayachi, paru aux éditions de l’Aube en 2026. Le roman lauréat sera annoncé en décembre prochain, lors d’une cérémonie organisée au siège de l’Institut à Paris, dans le cadre de la Semaine de la langue arabe.
Un communiqué de l’Institut du monde arabe précise que le Prix de la littérature arabe a été créé en 2013, en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère, et qu’il est doté de 8 000 euros. Il récompense l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice ressortissant d’un pays de la Ligue arabe, écrite en arabe et traduite en français, ou directement rédigée en français. Le communiqué souligne que l’édition de cette année célèbre la richesse des littératures du monde arabe et la diversité des thématiques abordées par des romans d’écrivaines et d’écrivains aux parcours variés, portés par des maisons d’édition prestigieuses.
Le prix accorde par ailleurs une attention particulière aux œuvres écrites en arabe et traduites en français, à travers une mention spéciale dotée de 2 000 euros, décernée au traducteur de l’une des œuvres figurant dans la liste finale.
« Madame Bovary, ma mère et moi »
Le roman de Samira El Ayachi, de format moyen et rédigé en français, met en scène Salwa, personnage principal née dans une famille marocaine installée dans le nord de la France. Le récit aborde un sujet longtemps resté dans l’ombre de la littérature sur l’immigration : la souffrance psychologique des femmes immigrées arrivées en France dans le cadre du regroupement familial durant les années 1980.
« Quand le médecin demande : « Avez-vous des antécédents familiaux ? », Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien. Ni sur les maladies des femmes de sa lignée, ni sur leur histoire. Rien de ce qui a pu se transmettre à son propre corps. Pourtant résonnent en elle des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary.
De ce silence naît une quête. Entre une mère et sa fille se déploient les secrets, les exils, les tensions, les non-dits, et un chemin pour se rencontrer enfin », peut-on lire dans la présentation du roman proposée par la maison d’édition.









