Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a pris part au séminaire intitulé « Travailleurs mobiles en Europe : protections, droits et structures représentatives », organisé du 18 au 20 février 2026 à Barcelone. Une rencontre organisée par le Centre européen pour les questions relatives aux travailleurs (EZA Europe) et ACLI, en partenariat avec Patronato ACLI, l’Institut pour la paix, le développement et l’innovation (IPSIA), l’Institut national de formation professionnelle (ENAIP), la Fédération ACLI International (FAI) et le Conseil national de la jeunesse des ACLI.
Durant trois jours, le séminaire a rassemblé des organisations syndicales, des associations de travailleurs migrants, des chercheurs et des représentants institutionnels venus d’Italie, d’Espagne, d’Albanie, de Roumanie, de Slovaquie, de Macédoine, de Grande-Bretagne, d’Ukraine, de France et du Maroc.

M. Emiliano Manfredonia, président d’ACLI a souligné dans son discours de clôture que « face à la montée des discours sécuritaires en Europe, il est nécessaire de privilégier l’accueil, la solidarité et l’intégration plutôt que des logiques de fermeture. Il a rappelé l’engagement historique des ACLI auprès des travailleurs migrants et l’importance de la protection des droits sociaux.
Évoquant le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile (2024), il a regretté « une orientation trop restrictive, au détriment d’une solidarité effective entre États et de politiques ambitieuses d’intégration ». Il a enfin mis en avant « le rôle clé des villes et des diasporas dans la construction d’une citoyenneté européenne inclusive, rappelant que la démocratie se renforce par le dialogue, la solidarité et la coopération entre les peuples ».
Les travaux ont porté sur la mobilité des travailleurs en Europe et les enjeux liés aux migrations et aux diasporas. Les échanges ont notamment abordé le panorama de la mobilité professionnelle en Europe, les droits fondamentaux des migrants, notamment le droit de partir, de rester et de revenir ainsi que les besoins sociaux des communautés migrantes. Les discussions ont également mis en lumière le rôle des villes dans l’accueil et l’intégration, à travers l’exemple de Barcelone, l’importance des associations de migrants et les systèmes de représentation des diasporas en Europe.

M.Paolo Ricotti, président du Patronato ACLI, a souligné que « la mobilité doit être pensée autour des personnes et de leurs droits. Il a appelé à repenser les politiques migratoires en plaçant l’individu au centre et a insisté sur l’importance des organisations accompagnant les travailleurs en mobilité, rappelant que les diasporas sont un pont essentiel entre les pays et favorisent le rapprochement des sociétés ».
Parmi les organismes représentés figuraient notamment l’Union syndicale ouvrière de Catalogne (USOC), la Fédération ACLI International, l’Université Abat Oliba CEU (Barcelone) , la Faculté des sciences de la société (Genève), l’Université polytechnique nationale de Lviv (Ukraine), Cités et Gouvernements Locaux Unis (UCLG), la Mairie de Barcelone, l’Associations des Européens à Paris, les Comités de Barcelone et de Roumanie, le Conseil général des Italiens à l’étranger (CGIE), le Conseil général de la citoyenneté espagnole à l’étranger (CGCEE), le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME).
M.Driss El Yazami, président du CCME a articulé son intervention autour de cinq axes, notamment un rappel de l’histoire des migrations marocaines, les mutations que connaît la communauté marocaine à l’étranger, une présentation du paysage institutionnel national dédié aux Marocains du monde ainsi qu’un éclairage sur les missions et le rôle du CCME. Il a souligné « la nécessité de bâtir une gouvernance renouvelée des migrations aux niveaux national, régional et international » et a affirmé que « les conseils de la diaspora peuvent jouer un rôle clé dans cette dynamique, en structurant le dialogue, en accompagnant les politiques publiques et en renforçant les liens entre pays d’origine et pays de résidence ». Enfin, il a rappelé que « toute politique migratoire doit s’appuyer sur trois piliers : les valeurs universelles d’humanisme, de fraternité et de respect des droits fondamentaux dont l’égalité » conformément au droit international des droits de l’Homme.









