Le lundi 9 février 2026, la Confédération générale italienne du travail (CGIL) et l’Institut national confédéral de protection sociale (INCA), en partenariat avec la Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM) ont organisé à Rabat un séminaire intitulé « Vers une convention bilatérale de sécurité sociale entre l’Italie et le Maroc ». Cette rencontre a bénéficié du soutien du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME).
Signée à Rome le 18 février 1994, la convention bilatérale de sécurité sociale entre l’Italie et le Maroc n’est toujours pas entrée en vigueur en raison de l’absence de ratification par le Parlement italien, alors que le Parlement marocain l’a adoptée le 29 avril 1998. Cette situation empêche l’accord de produire tous ses effets juridiques et sociaux.


Une rencontre pour lever les discriminations et défendre un droit fondamental
Le séminaire a rassemblé des acteurs syndicaux marocains et italiens, des représentants de la société civile et des académiciens. Animé par Karima Moual, journaliste italo-marocaine, le premier panel a été consacré à la nécessité d’un accord bilatéral de sécurité sociale entre l’Italie et le Maroc et a réuni Moulay El Akkioui (président de l’INCA-CGIL Maroc), Salvatore Marra (responsable des politiques européennes et internationales de la CGIL Italie), Ezio Cigna, (responsable des politiques de sécurité sociale de la CGIL Italie), Sara Palazzoli (membre du Collège de présidence de l’INCA Italie), ainsi que des représentants de l’UGTM, de la CDT et de l’UMT.
Le second panel, dédié au dialogue politique, a été marqué par la participation de Driss El Yazami (Président du CCME) et des députées italiennes Ouidad Bakkali et Chiara Gribaudo. La séance s’est conclue par l’intervention de Maria Grazia Gabrielli, Secrétaire confédérale de la CGIL Italie.


Besoin d’une alliance pour accélérer la ratification
Lors de son intervention, le Président du CCME, Driss El Yazami, a replacé le séminaire dans un contexte historique et stratégique plus large. Il a rappelé les similitudes entre l’histoire de l’immigration marocaine et celle de l’immigration italienne, marquées par un attachement durable des ressortissants à leur pays d’origine. Il a également souligné le caractère multidimensionnel de la migration marocaine, qui ne se limite plus au travail mais reflète des transformations profondes, avec une féminisation croissante de la diaspora, une élévation du niveau de qualification (près de 20 % des Marocains du monde de niveau universitaire), ainsi qu’une recomposition géographique de l’immigration. Après un premier « palier d’européanisation (France, Belgique et Pays-Bas) » l’émigration marocaine a connu un « second palier d’européanisation », avec l’Italie et l’Espagne.
Le Président du CCME a rappelé la vision stratégique du Royaume du Maroc en matière de migration, telle que définie par les Discours de SA Majesté le Roi et l’article 16 de la Constitution, reposant sur la protection des droits des Marocains du monde, le respect du droit international et des lois des pays d’accueil, la reconnaissance de la double appartenance et le renforcement des liens d’amitié entre États et sociétés. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les conseils de la diaspora et de bâtir une alliance élargie réunissant syndicats, élus, partis politiques, société civile, intellectuels et représentants religieux, afin de favoriser une réponse juridique et politique face aux politiques discriminatoires au regard des droits fondamentaux européens.

Un engagement commun pour la ratification
La CGIL et l’INCA ont réaffirmé l’importance de mener à terme le processus de ratification de la convention. En collaboration avec les syndicats marocains et avec l’appui du CCME, elles entendent agir activement pour accélérer l’entrée en vigueur de l’accord.
La communauté marocaine constitue l’une des populations étrangères les plus nombreuses et les mieux établies en Italie, avec une présence sur tout le territoire national et une contribution significative à de nombreux secteurs économiques. La ratification de cette convention représente une étape décisive pour garantir la justice sociale, protéger les droits des travailleurs marocains en Italie, reconnaître leur contribution et renforcer la cohésion sociale ainsi que les relations bilatérales entre l’Italie et le Maroc.









