Les envois de fonds des Marocains du monde poursuivent leur progression. Selon l’Office des changes, ils dépassent 103 milliards de dirhams à l’issue des neuf premiers mois de 2026, ce qui laisse présager un nouveau record annuel.
Une dynamique soutenue par l’été
Les transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger (MRE) confirment leur trajectoire ascendante. Dans sa dernière publication consacrée aux « Indicateurs mensuels des échanges extérieurs », l’Office des changes indique que ces flux ont franchi la barre des 103 milliards de dirhams à fin septembre 2026, contre 92,62 milliards à la même période de 2025. Cela représente une amélioration de 11,3 % en glissement annuel.
L’accélération est nette. À fin juillet, la hausse n’était que de 8,1 %, pour 74,78 milliards de dirhams. Les seuls mois d’août et de septembre auraient ainsi généré quelque 28,3 milliards de dirhams, contre environ 23,5 milliards un an plus tôt, soit une progression de l’ordre de 20 %, que l’on peut rattacher à la saison estivale et au retour des MRE au pays.
Les estimations tablent sur un nouveau record en fin d’exercice. En 2025, ces transferts avaient dépassé 122 milliards de dirhams, soit environ 5 milliards de plus qu’en 2024.
Le même bulletin fait état de recettes touristiques d’environ 115,26 milliards de dirhams (+12,1 %). Cumulés, transferts et recettes de voyages dépassent 218 milliards de dirhams sur la période. Le Fonds monétaire international évaluait le poids des transferts à environ 7,2 % du PIB en 2025, l’Europe en fournissant près des deux tiers.
Un enjeu au cœur de la réflexion sur les migrations
Dans ce contexte, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a publié récemment, en partenariat avec l’Association internationale des migrations, un ouvrage intitulé « Transferts et migrations en Méditerranée : quel avenir ? ». Coordonné par l’universitaire Bachir Hamdouch, il rassemble les contributions scientifiques présentées lors du colloque international organisé à l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSEA) les 15 et 16 février 2024. Cette rencontre avait pour thème : « Entre crises, mutations migratoires et politiques des pays d’accueil : quel avenir pour les transferts des migrants marocains et méditerranéens ? ».
Les transferts des migrants marocains y occupent une place particulière. Les auteurs analysent leur évolution, leurs perspectives et les défis auxquels ils sont confrontés dans un contexte international instable. Ces flux, très dépendants de la conjoncture européenne, financent surtout la consommation courante et l’immobilier. Leur transformation en leviers d’investissement productif reste un chantier ouvert.









