L’Europe ne compte pas assez d’hommes politiques de premier plan se dressant contre le « manque de tolérance » envers les étrangers, a estimé jeudi Thomas Hammarberg, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.
M. Hammarberg présentait devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), réunie à Strasbourg en session plénière, son dernier rapport annuel après six ans dans ces fonctions. Il sera remplacé à partir du 1er avril par le Letton Nils Muiznieks, élu mardi par l’APCE.
« Nous avons des problèmes avec quelque chose d’aussi simple et direct que le manque de tolérance en Europe aujourd’hui », a estimé M. Hammarberg, faisant la liste des défis qui attendent son successeur en matière de défense des droits de l’Homme dans les 47 Etats-membres.
« Nous n’avons pas assez d’hommes politiques de premier plan qui se dressent et essayent d’expliquer l’importance de la tolérance », a-t-il déploré, soulignant les signes de xénophobie et de discriminations contre les étrangers dans les pays européens, en particulier contres les Roms.
Parmi les autres sources d’inquiétude, M. Hammarberg a dénoncé les abus en matière de détention provisoire. « Pas moins d’une personne détenue sur quatre en Europe aujourd’hui est placée en détention provisoire », a-t-il souligné.
Il a aussi regretté que les coupes budgétaires liées à la crise aient trop souvent eu pour conséquence d’affaiblir les plus vulnérables, citant les personnes âgées ou handicapées et les enfants.
Le Commissaire aux droits de l’Homme a également évoqué les abus liés selon lui à la lutte contre le terrorisme, regrettant que l' »on n’ait toujours pas totalement clarifié ce qui s’était vraiment passé » dans les centres de détention clandestins de la CIA en Europe.
26/1/2012
Source : AFP


