Le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants, le Canadien François Crépeau, a souhaité vendredi que la politique européenne en matière d’immigration avec la Tunisie soit « plus nuancée » et ne se limite pas aux questions sécuritaires.
« La politique européenne reste centrée sur le contrôle aux fontières (…) J’encourage les autorités européennes à développer une politique plus nuancée et plus équilibrée de coopération migratoire avec la Tunisie », a déclaré M. Crépeau lors d’une conférence de presse à Tunis.
L’UE doit « développer un véritable partenariat centré sur le respect des droits de l’homme des migrants », a insisté le rapporteur, qui a effectué une mission de six jours en Tunisie dans le cadre d’une étude sur la gestion des frontières extérieures de l’UE dans la région méditerranéenne.
« Je félicite les Tunisiens pour les efforts et l’accueil des réfugiés », a par ailleurs déclaré M. Crépeau, en saluant « l’approche flexible, humanitaire » adoptée par Tunis pendant le conflit libyen de février à août 2011, au cours duquel la Tunisie a accueilli jusqu’à un million de réfugiés fuyant la guerre.
« C’est une leçon pour ceux pour qui l’ouverture des frontières est une angoisse profonde », a souligné le rapporteur, en félicitant également les autorités maritimes tunisiennes pour le sauvetage de clandestins en mer: « elles font preuve d’une bonne volonté remarquable face à des vies humaines en danger, attitude que d’autres pays n’ont pas », a-t-il relevé.
Le rapporteur de l’ONU a cependant fait part d' »observations préoccupantes » concernant la politique tunisienne. Il a notamment cité la « criminalisation du passage irrégulier des frontières » et l' »absence d’une procédure adéquate de reconnaissance du statut de réfugié en Tunisie ».
Il a recommandé aux autorités tunisiennes de garantir dans la future constitution la protection des droits de l’homme des migrants et l’autorisation d’un mécanisme de visite des lieux de détention.
Il a également souhaité que les pays européens, notamment l’Italie, intensifient leurs recherches sur le sort des Tunisiens disparus en mer, qu’il a estimés à 300.
M. Crépeau se rendra dans les mois qui viennent en Turquie, en Italie et en Grèce, et son rapport général sera présenté au Conseil des droits de l’Homme à Genève en juin 2013.
8 juin 2012
Source : AFP


