L'école allemande doit accepter des musulmanes voilées mais celles-ci ne doivent pas cacher tout leur visage, a recommandé jeudi un forum gouvernemental, dans un pays qui compte environ 4 millions de musulmans.

"Au nom de la liberté de culte (...) le port du voile ne peut être interdit" à l'école, a estimé la Conférence islamique allemande, un organe créé en 2006 par le gouvernement pour améliorer l'intégration des musulmans en Allemagne et qui réunit une trentaine de représentants de l'Etat et de la communauté musulmane.

"Mais le voilage intégral du visage n'est pas compatible avec la communication ouverte qui régit les cours et le processus d'éducation à l'école", a jugé la Conférence, qui se réunissait jeudi a priori pour la dernière fois.

"Dans certains cas, comme lors du travail avec du feu en sciences naturelles" ou en cours de sport, le renoncement au voile peut être demandé à l'écolière pour des raisons de sécurité, a souligné la Conférence.

Elle a par ailleurs jugé que les enfants devaient tous participer aux cours de natation "jusqu'à la puberté", à partir de laquelle les jeunes musulmanes peuvent en être dispensées s'il est prouvé "de manière crédible" qu'elles ont "un conflit de conscience" à se montrer en partie dévêtue en public, en particulier devant des garçons.

En revanche sur les cours d'éducation sexuelle, pas de compromis: tous les enfants doivent y participer, a recommandé la Conférence.

Elle a par ailleurs recommandé la création de filières de théologie islamique à l'Université et de cours d'islam en langue allemande à l'école.

Des projets-pilotes de cours d'islam à l'école sont en cours çà et là en Allemagne, où les écoles publiques n'offrent jusqu'à présent que des cours de religion catholique et protestante.

L'éducation relevant de la compétence des Länder (Etats régionaux), ces recommandations n'ont toutefois aucune valeur contraignante.

Mais la Conférence islamique n'a pas cette vocation: elle vise à fournir pour la première fois "un cadre de dialogue" entre l'Etat et la communauté musulmane, dans le "respect mutuel", a souligné le ministre de l'Intérieur Wolfgang Schäuble jeudi, en estimant l'objectif rempli.

Une étude commandée par son ministère et présentée jeudi a révélé que l'Allemagne comptait entre 3,8 et 4,3 millions de musulmans, un chiffre très supérieur à la fourchette haute de 3,4 millions de musulmans évoquée jusque-là, et qu'ils étaient globalement mieux intégrés dans la société qu'on ne le pensait.

Les musulmans représentent ainsi 5% de la population, les deux-tiers étant d'origine turque, selon cette première étude représentative réalisée au niveau fédéral.

98% vivent à l'Ouest ou à Berlin, près de la moitié (45%) ont la nationalité allemande et la moitié sont membres d'une association allemande, un résultat à rebours des préjugés sur la non-intégration des musulmans dans le tissu social du pays.

Selon l'étude, 70% des musulmanes d'Allemagne ne portent jamais de voile. "Seule une minorité" des jeunes musulmanes ne participe pas à des activités sportives mixtes à l'école (7%) ou à des voyages scolaires (10%).

Un point inquiétant, selon l'étude: nombre de musulmans d'Allemagne, en particulier les Turcs, ont un niveau scolaire ou d'études très bas, bien inférieur à celui "d'autres migrants" non musulmans.  AFP
Le premier festival cinématographique de Beni Mellal aura lieu du 8 au 11 juillet prochain sous le thème "les journées Ain Asserdoune du cinéma marocain".

Au programme de cette manifestation organisée par l'association "Hakawati pour le théâtre et le développement culturel" avec le soutien de la wilaya de la région de Tadla-Azilal, figurent des projections et des rencontres-débats autour de plusieurs films marocains.

Le festival, qui verra la participation d'une pléiade de réalisateurs, critiques et stars du cinéma, sera marqué par la tenue d'ateliers animés par des professionnels du 7-art en collaboration avec le centre marocain d'initiation à l'image.

Cette édition prévoit également un colloque sur "le cinéma marocain : réalité et perspectives " et d'autres activités parallèles reflétant la créativité locale.  MAP
Les femmes du pourtour méditerranéen occupent une place prépondérante dans leur société où elles se valorisent par le travail et la contribution à la vie communautaire, ont affirmé les organisateurs du 4-ème Forum international des "Femmes méditerranéennes", ouvert jeudi à Fès avec la participation d'un parterre d'intellectuels marocains et étrangers.

Le mouvement féministe en Méditerranée est devenu de plus en plus présent et son succès a été de négocier avec les sphères du pouvoir et de s'imposer ensuite sur l'échiquier politique des sociétés, ont souligné les intervenants lors de la séance inaugurale de ce Forum, initié par la Fondation Esprit de Fès en collaboration avec l'université Sidi Mohammed Ben Abdellah et le Centre ISIS pour Femmes et Développement, sous le signe "Femmes et Savoir en Méditerranée".

Les différents intervenants ont passé en revue, à cette occasion, les avancées réalisées par la femme méditerranéenne ainsi que son rôle fondamental au sein de la société.

Ils ont, dans ce cadre, indiqué que la participation des femmes marocaines à la gestion de la chose locale, est porteuse d'espoir pour un meilleur avenir du Maroc, rappelant que le Royaume a réussi à adopter une approche volontariste permettant de promouvoir la représentation de la femme aux conseils locaux et sur la scène politique.

S'agissant du choix du thème "Femmes et Savoir en Méditerranée" pour ce Forum, les intervenants ont avancé la place de plus en plus prépondérante du savoir dans la vie des femmes et des hommes et les questions éthiques, sociales, que politiques qu'il pose.

"Le savoir, aussi bien scientifique, académique, qu'oral et culturel est un élément à double tranchant, à la fois unificateur et marginalisant", ont-ils expliqué.

Selon les organisateurs, la question des "femmes et du savoir" dans les pays méditerranéens pose deux problématiques majeurs, celle de la disparité entre les femmes et les hommes en matière d'accès au savoir, et celui de la disparité entre les niveaux scientifiques et technologiques des pays concernés.

Et de relever que la pauvreté, voire, l'absence de la culture scientifique, rend illusoire les efforts, quand ils existent, de certains pays de développer les domaines de la recherche scientifique et technologique, et pèse lourdement sur l'avenir de ces pays.

Pour les organisateurs, les questions intéressant le devenir des sciences et des technologies doivent être posées, non seulement au sein de la communauté scientifique, mais dans un cadre plus large car elles intéressent l'ensemble des citoyens et des citoyennes.

Pour répondre à l'ensemble de ces problèmes, le Forum international des Femmes Méditerranéennes affirme que le savoir et la technologie doivent se développer dans un environnement de liberté et de démocratie qui garantit l'accès au savoir et au partage du savoir.

Il est donc urgent de sensibiliser la société civile sur les conséquences de la science et des technologies sur la vie quotidienne des femmes et des hommes et sur la nécessité d'une meilleure compréhension de ses domaines, ont indiqué les initiateurs de ce forum.

Un panel de participants représentant outre le Maroc, des pays d'Afrique, d'Europe, d'Asie et d'Amérique prennent part à ce forum qui vise entre autres à mettre en exergue le rôle important joué par les femmes méditerranéennes dans les domaines de l'éducation, de la reproduction des schémas sociaux et de la charge économique du foyer.

Parmi les axes retenus lors de cette rencontre figurent notamment "L'intégration de la dimension genre dans les politiques publiques et les défis de l'Union pour la Méditerranée", "La promotion des droits des femmes dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée : quel rôle pour le Maroc", "Stratégies de visibilité des femmes dans les parcours Europe-Méditerranée" et "Femmes marocaines entre démocratie et traditions".  MAP

"Les faits et les effets de la mondialisation : La sociologie et ses frontières" est le thème d'un colloque international qui s'est ouvert, mercredi (24 juin 2009 NDLR) à Mohammedia, à l'initiative de l'Université Hassan II - Mohammedia-Casablanca en partenariat avec l'Association internationale des Sociologues de Langue française (AISLF).

Organisé en partenariat également avec la Fondation Konrad Adenauer et le Centre Jacques Berque de Rabat, ce colloque, de trois jours, réunit environ 120 chercheurs et spécialistes en sciences sociales représentant des universités et des centres nationaux et internationaux (Europe, Canada, Afrique et Maghreb).

La mondialisation a fait émerger des phénomènes sociaux nouveaux qui se sont imposés à l'investigation des sociologues, ont indiqué des intervenants à l'ouverture de cette rencontre, qui s'est déroulée en présence du gouverneur de la préfecture de Mohammedia, M. Aziz Dadès, et d'autres personnalités.

En effet, la mobilité transnationale des personnes, la circulation des idées, la flexibilité des frontières culturelles ainsi que l'ouverture de l'espace médiatique à travers les satellites s'accompagnent de nouvelles dynamiques et de phénomènes sociaux qui interpellent l'analyse sociologique et font appel au renouvellement des approches, des théories et des dispositifs conceptuels, ont-ils ajouté.

Le secrétaire général du département de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, M. Abdelhafid Debbagh, a estimé, de son côté, que la thématique du colloque est très pertinente, eu égard aux questions qui doivent être traitées, relevant que ce genre de rencontres appuient la recherche-développement.

Pour sa part, la présidente de l'Université, Mme Rahma Bourqia, a mis l'accent sur l'importance de ces rencontres dans le renforcement du dialogue et l'échange d'idées et des points de vues entre sociologues.

Plusieurs sous-thèmes doivent être abordés lors de cette rencontre dont les théories et les paradigmes sociologiques et la globalisation, la mondialisation et la culture, l'identité et la communauté transnationales et la diversité culturelle.

Le programme du colloque comporte également des exposés et des ateliers animés par des conférenciers marocains et étrangers, traitant notamment du "paradigme des conséquences et renouveau de la sociologie", des "frontières de la sociologie et mouvement des frontières des cultures", des "avenirs possibles de la sociologie de la mondialisation", "de la complémentarité de l'enquête ethnographique et de l'enquête par questionnaire" et des "effets de la globalisation". MAP
La ville d'Essaouira s'apprête à célébrer la 12ème édition du festival Gnaoua et Musiques du Monde, (25-28 juin), un carrefour musical de taille qui a conféré une dimension internationale à la cité des Alizés.

Les fans de la musique gnaouie ont commencé à affluer bien avant le premier jour du festival, confirmant ainsi la réussite de ce rendez-vous musical inscrit désormais dans les agendas des festivaliers dont le nombre augmente de manière étonnante d'année en année.

Depuis sa création en 1998, le festival d'Essaouira s'est imposé comme un événement culturel majeur, et a acquis ses lettres de noblesse auprès de musiciens internationaux et d'un public national et étranger, de plus en plus nombreux.

La philosophie originelle et originale de cette rencontre musicale est restée la même : donner au patrimoine culturel Gnaoua la possibilité de s'exprimer et de s'épanouir en créant un espace de dialogue entre leur musique ancestrale et les musiques du monde.

Par son originalité et son authenticité, le « Woodstock marocainÂ" a su trouver un formidable écho à l'international auprès de tous ceux, journalistes, mélomanes, ou amoureux du Maroc, qui se sont reconnus dans son message de paix et de dialogue, dans sa volonté de partager à travers la musique et de faire se rencontrer toutes les cultures.

Abdeslam Alikane, maâlem de Mogador et membre fondateur du festival, Loy Ehrlich, compositeur français, multi instrumentiste, puriste et spécialiste des

musiques du Sud, et Karim Ziad, batteur, icône du jazz maghrébin ayant travaillé avec les plus grands noms du jazz, sont les trois directeurs artistiques de ce festival suivi de près par tous les spécialistes et passionnés de musiques du monde.

Musiciens avant tout, ils ont su développer un langage propre à ce festival, pour une programmation à la rigueur et à la qualité indéniable. Chaque année, ils relèvent le défi de concevoir une programmation basée sur la fusion des genres et des styles, exercice à la fois audacieux et risqué qui fait de cette manifestation culturelle un événement à part dans le paysage musical.

Retour sur la 11ème édition :

La 11ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde avait tenu sa promesse et offert au public nombreux venu des différentes régions du Royaume et du monde, des concerts fusionnant l'art sacré des Gnaoua avec les sons des musiciens les plus talentueux de la scène musicale mondiale.

Les maâlems gnaouis les plus courus étaient au rendez-vous du festival. Abdeslam Alikane, Mahmoud Guinea, Mustapha Bakbou ou encore Abdelkébir Merchane

ont partagé avec le public leur art et leur savoir, avec émotion et musicalité.

Des artistes de renom se sont également produits aux côtés des musiciens gnaouis. Wayne Shorter, le monstre sacré de la scène jazz, avait ébloui le public avec son jeu exceptionnel de l'instrument fétiche du jazz, le saxophone. MAP

L'agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) a appelé mercredi (24 juin 2009 NDLR) les Etats membres à mieux collecter les données sur les discriminations afin de pouvoir élaborer des politiques ciblées.

Sur les 27 pays de l'UE, seuls 12 rassemblent des données pénales suffisamment fiables, selon cette agence.

"Les gouvernements doivent mettre en place des systèmes de collecte de données améliorés, spécifiquement pour les actes liés aux discriminations", a estimé Anastasia Crickley, présidente du conseil d'administration de la FRA, en présentant le rapport annuel de l'institution à son siège à Vienne.

Les cas déclarés de discrimination ont augmenté en 2008 en Irlande, en Autriche, au Royaume-Uni, en Pologne et en Suède, par rapport à l'an passé. Ils ont en revanche diminué en Belgique, en République Tchèque, au Danemark, en Allemagne, en France, en Slovaquie et en Finlande, selon le rapport.

Mais selon Morten Kjaerum, directeur de la FRA, on constate "un sous-signalement dramatique" des actes liés aux discriminations.

L'enquête EU-Mindis menée en 2008 auprès de 23.500 membres de minorités ethniques dans les 27 pays de l'UE montre en effet que 37% des personnes interrogées ont été victimes de discriminations dans les douze derniers mois et que 4% ont été menacées ou attaquées physiquement.

Selon la même étude, les personnes interrogées ignorent largement leurs droits: 39% savaient que les discriminations à l'embauche sont interdites par la loi et 20% seulement connaissaient une organisation susceptible de venir en aide aux personnes victimes de discrimination.

"Ce que l'on voit dans les statistiques officielles n'est que la pointe de l'iceberg", selon M. Kjaerum. De nombreuses victimes n'obtiennent pas réparation, de nombreux auteurs d'actes discriminatoires jouissent de facto d'une impunité et les décideurs n'ont pas la connaissance nécessaire des faits réels. En conséquence, "ils ne sont peut-être pas à même d'élaborer des législations ciblées", a-t-il commenté. AFP
Saïd Bouziri, militant de longue date des droits des étrangers, membre du bureau national de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) est décédé mardi (23 juin 2009 NDLR) à Paris, apprend-on dans son entourage.

Les causes de son décès n'ont pas été précisées.

Né le 4 juin 1947 à Tunis, Saïd Bouziri était arrivé en France en 1966 pour poursuivre des études d'économie à Lyon puis à Paris. Engagé dès 1968 dans la défense des immigrés, il a participé à la fondation des Comités Palestine.

Frappé avec sa femme d'une mesure d'expulsion en 1972 pour atteinte à l'ordre public, il se lance dans l'organisation de grèves de la faim pour la régularisation des travailleurs immigrés dans les années 1972-1973 et milite en faveur des grévistes des loyers dans les foyers de travailleurs immigrés.

Durant la deuxième moitié des années 1970, Said Bouziri milite dans le quartier qu'il a habité jusqu'à son décès, la Goutte d'Or, dans le nord-est de Paris. Il est aussi devenu l'un des pionniers des radios libres, en créant avec des amis, en juin 1981, Radio Soleil Goutte d'Or.

Engagé depuis une vingtaine d'années à la LDH - son mandat de trésorier venait d'être renouvelé au début du mois -, Saïd Bouziri a "porté" au cours des dernières années la campagne de la votation citoyenne, en faveur de l'octroi du droit de vote aux étrangers aux élections locales.

"Extraordinairement efficace et chaleureux", se souvient Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, Saïd Bouziri avait donné le 11 juin le coup d'envoi d'une grande exposition accueillie aux archives municipales de Lyon (centre-est), "Générations, un siècle d'histoire culturelle des Maghrébins en France". AFP

L'étude réalisée par la Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec l'Université de Rabat, auprès de la population d'origine marocaine vivant en Belgique, souligne la précarité de leur statut socio-économique.

Ainsi, 31,7 % seulement des 400 personnes interrogées jouissent d'un contrat fixe ; 5 % exercent des travaux temporaires ; 21 % bénéficient du chômage et 5 % ne reçoivent pas d'allocations. Les personnes interrogées évoquent surtout les discriminations à l'embauche pour justifier leurs difficultés d'insertion sur le marché de l'emploi.

La proportion des femmes exerçant une activité professionnelle est sensiblement plus faible que celle des hommes (38,3 % contre 55,4 %). La proportion des femmes belgo-marocaines sans emploi est aussi supérieure à celle des hommes (33,3 % contre 28,7 %). La proportion des femmes inactives (pour raisons familiales ou autres), en marge du marché de l'emploi, s'élève à 62 %. Par ailleurs, la proportion des femmes nées au Maroc et exerçant un travail (22 %) est plus de deux fois inférieure à celle des femmes nées en Belgique (46 %).

Les personnes récemment naturalisées sont souvent marginalisées sur le marché de l'emploi ou débusquent des petits boulots et des... petits salaires. Du coup, certains Belgo-Marocains se tournent vers le travail au noir pour survivre, tout en bénéficiant des allocations de chômage. Comme le confirme une des personnes interrogées dans l'étude : « J'habite près de Liège. La plupart des Marocains sont au chômage... Les gens, dès qu'ils touchent des allocations du chômage, arrêtent de travailler, parce qu'un maçon qualifié touche 1.500 euros et un chômeur, chef de famille, en touche 1.200. Je connais des parents qui passent leur journée au café... ».

Ces difficultés d'insertion sur le marché du travail se répercutent sur le niveau de vie des Belgo-Marocains (lire ci contre).

Une proportion importante des ménages interrogés entre dans la catégorie de la population dite « à risque de pauvreté » - détenteurs d'un revenu égal ou inférieur à 860 euros par mois. Plus de la moitié (53 %) des Belgo-Marocains vivrait ainsi sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Avec des disparités régionales : leurs revenus sont les plus élevés en Flandre, les moins élevés en Wallonie.

Les problèmes les plus fréquemment évoqués par les personnes interrogées, outre le chancre du chômage, sont liés à l'identité ethnique et religieuse : le fait d'être traité comme étranger (lire ci-contre) est la critique la plus fréquemment avancée.

Le manque de respect à l'égard de leur religion et l'inadéquation des valeurs morales avec les leurs sont aussi largement mis en avant.

Les personnes interrogées pointent, au Maroc, les institutions religieuses, devant la Monarchie, comme étant les deux institutions les plus dignes de leur confiance. En Belgique, ce sont les mosquées qui trônent largement en tête de leurs suffrages, relevant l'importance majeure qu'ils accordent au religieux.

Au-delà de l'identité nationale, l'identité religieuse l'emporte sur toutes les autres : plus d'un tiers (36 %) des sondés répond sans hésiter qu'ils préfèrent d'abord être reconnus comme musulmans. 68 % déclarent essayer d'obéir aux préceptes religieux. En dépit du fait que la majorité des personnes interrogées a la nationalité belge, 7 % seulement manifestent le besoin de s'identifier à notre nationalité.

Parmi les 400 personnes interrogées dans cette large enquête, 68 % ont rejoint un des membres de leur famille qui avait immigré en Belgique. Les 32 % restants sont arrivés les premiers dans notre pays. Et l'étude relève que les membres de la deuxième génération se disent plus heureux que ceux de la première génération.

D'une manière générale, le modèle traditionnel du ménage - le couple marié avec enfants - s'effrite au profit du célibat ou de la cohabitation. Dans l'échantillon de l'étude, 55 % des Belgo-Marocains n'ont pas d'enfants ; parmi les 45 % restants, moins de la moitié a en moyenne 1 à 2 enfants, 30 % 3 à 4 enfants et 7 % 7 enfants ou davantage.

On notera que les Belgo-Marocains privilégient le mariage non mixte au mariage mixte. L'idée que les hommes et les femmes épousent des personnes qu'ils font venir de leur pays d'origine est approuvée par plus de 50 % des personnes interrogées. La majorité d'entre elles (62 %) s'opposent au mariage d'une femme musulmane avec un non-musulman et 45 % n'admettent pas que les hommes se marient à une non-musulmane.

29 % des Belgo-Marocains sont propriétaires de leur logement en Belgique, contre 52 % qui sont locataires et 15 % vivant dans le logement familial.

Si une minorité de l'échantillon a acquis un logement en Belgique, 60 % sont en revanche propriétaires d'un bien au Maroc.


Méthodologie

L'étude

La Fondation Roi Baudouin a demandé à l'Université de Rabat de réaliser une étude sur les personnes d'origine marocaine vivant en Belgique. Cette étude, réalisée auprès de 400 personnes d'origine marocaine établies dans les trois régions du pays, porte à la fois sur leur attitude envers la Belgique et ses institutions, les processus et les difficultés de leur intégration, leur situation socio-économique et professionnelle souvent précaire, leur forte identité religieuse, plus élevée à Bruxelles que dans les deux autres régions.

Ce portait des Belgo-marocains révèle aussi que 86,4 %

ont des conjoints d'origine marocaine contre 8,5 % qui sont mariés à des Belges.

Combien sont-ils ?

Depuis la signature de la convention de main-d'œuvre entre le Maroc et la Belgique en 1964, le nombre de Marocains n'a cessé d'augmenter en Belgique. De 461 en 1964, ils étaient 106.822 en 2001. Leur nombre décroît dans les années suivantes, suite à l'importance du nombre de naturalisations.

73 %

en chiffres

des personnes interrogées, hommes ou femmes, désapprouvent les relations sexuelles des filles avant le mariage. 60,7 % adoptent la même attitude à l'égard des garçons.

52 %

considèrent que la liberté sexuelle en Belgique a atteint un degré d' immoralité.

53,4 %

estiment que l'homosexualité est l'un des dangers les plus importants pour la morale.

54,5 %

se prononcent contre l'idée d'obliger les jeunes à se marier à des personnes qu'elles ne connaissent pas. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à s'opposer au mariage forcé ou arrangé que les hommes (59,4 % contre 49,7 %).

21,9%

C'est le taux de confiance accordé aux mosquées, pointée comme l'institution la plus digne de confiance par les personnes interrogées, suivie des établissements de soins de santé (21,4 %) et le gouvernement belge (13,2 %). En queue de liste, la police n'obtient qu'... 1,7 % de taux de confiance. Elle précède le Parlement belge (1,5 %) et, fermant la marche, les médias (1 %).


Source : Quotidien Le Soir : http://archives.lesoir.be/citoyennete-large-etude-de-la-fondation-roi-baudouin_t-20090624-00NT24.html?query=Belgo+marocains&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=Belgo+marocains&pos=0&all=2872&nav=1

Le séminaire international, qui se tiendra le 6 juillet à la faculté de droit Agdal à Rabat, autour de la thématique de la «Migration, emploi et développement». Initié par l'association marocaine de recherches et études sur la Migration en partenariat avec le BIT (Bureau international du travail), sera l'occasion de présenter une analyse sur l'effet de la migration sur le marché de l'emploi et le développement économique des pays d'accueil et d'origine.

Ministres, chercheurs, syndicalistes et acteurs associatifs prendront part à ce séminaire pour enrichir le débat.

Parmi les intervenants, le ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle Jamal Khmani aborde la stratégie de son département à travers l'expérience ANAPEC, cette institution qui multiplie les partenariats avec les pays d'Europe et du Golfe pour le recrutement de la main-d'œuvre notamment l'Espagne, l'Italie et la France ainsi que les Emirats Arabes Unis.

Source : Le Soir échos

Les participants à une rencontre internationale sur l'accès à la justice, tenue récemment à Santa Cruz de Tenerife (Canaries), avec la participation de pays africains dont le Maroc, ont souligné la nécessité de considérer l'assistance judiciaire comme un "droit et un service public".

Dans leurs recommandations publiées au terme de cette rencontre de trois jours, les participants ont également affirmé la volonté d'adapter ou de mettre en place un système d'"assistance judiciaire" dans leurs pays respectifs.

L'assistance judiciaire est un droit qui requiert "un règlement spécifique auquel doivent prendre part les départements de la justice et des finances" et qui doit toucher à tous les domaines juridictionnels, ont souligné les participants, mettant l'accent sur la nécessité de privilégier les catégories vulnérables: femmes, victimes des accidents de travail ou immigrants.

Ils ont par ailleurs recommandé que le droit à l'assistance juridique doit inclure les frais de procédures, les honoraires de l'avocat et autres frais de transport ou d'expertise.

Ont pris part à cette rencontre, des responsables de la justice d'Espagne, du Maroc, du Sénégal, du Cap Vert, d'Algérie, de Mauritanie et de Tunisie. Le Royaume y a été représenté par MM. Mohamed Lididi, Secrétaire général du ministère de la Justice, et Abdelmajid Rhomija, directeur des études de coopération et de modernisation de ce département. MAP

Revue de presse

Les entretiens du symposium

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