lundi 20 mai 2019 17:31

Identités plurielles et engagement citoyen

vendredi, 15 février 2019

Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a organisé, vendredi 15 février 2019 au Salon du livre de Casablanca, une table-ronde sur les "identités plurielles et engagement citoyen". Ahmed El Khannouss (Belgique), Nessrin El Hachlaf Bensaid (Espagne) et Fatima Orsatelli (France) ont animé cette conférence modérée par le journaliste maroco-italien Zouhir Louassini.

SIEL19 D8 TR1 OUASINI ZOUHAIR

La rencontre a permis de mettre la lumière sur la valeur ajoutée de la double appartenance dans l’engagement politique à l’étranger et d'appréhender l’importance de la préservation de la diversité culturelle face aux défis de l’extrémisme politique et religieux. 

Ahmed El Khannouss : il est dépassé de parler d'intégration pour une communauté qui arrive à sa 5e génération 

Pour le député belgo-marocain, la communauté marocaine fait aujourd'hui partie intégrante de la société belge. "Je vis dans un pays de tradition judéo-chrétienne qui a aussi été construit grâce à cette main d'œuvre marocaine".

SIEL19 D8 TR1 KHANNOUS

"Je me suis engagé dans la politique avec toute la sensibilité qu'on a par rapport à l'injustice, car je suis issue d'une immigration qui a vécu des moments difficiles", a-t-il expliqué.

Il affirme en revanche que de "cette difficulté est née une communauté marocaine qui a une véritable valeur ajoutée dans tous les domaines". Les premiers créateurs d'entreprises dans la société bruxelloise sont issus de la diversité, "ceci est magnifique mais la raison derrière est qu'ils souffrent de discrimination et n'arrivent pas à trouver de l'emploi".

Au vu de l'apport des Marocains de Belgique, Ahmed El Khannouss juge " insultant de parler d'intégration pour une communauté qui arrive à sa cinquième génération". Il invite en ce sens de faciliter le processus de neutraliser les stéréotypes liés à l'immigration : "il faut qu'on entretienne l'image positive de cette diversités qui est occultée par des faux débats liés à la pratique de l'Islam".

Fatima Orsatelli : l'engagement culturel est un vecteur d'assimilation 

La juriste et femme politique franco-marocaine affirme que la réussite pour elle a été un "devoir envers nos parents qui ont sacrifié un pan de leur vie pour nous".

SIEL19 D8 TR1 OUSRELTI FATIMA

Une réussite qui l'a "propulsé dans l'engagement sociale, surtout dans le domaine de l'emploi : "l'immigration a toujours été liée à la question de l'emploi puisque tous les sous-métiers étaient assurés par les immigrés qui étaient en plus sous-payés".

De son expérience, Fatima Orsatelli affirme que "l'engagement à travers la culture et l'éducation est le vecteur premier de l'assimilation d'une communauté". Elle explique en ce sens que "la culture marocaine n'a jamais été un problème mais c'est notre façon de l'interpréter qui a posé des problèmes de compatibilité".

Nessrin Hachlaf Bensaid : il faut se munir de savoir pour promouvoir sa culture d'origine 

Pour cette avocate et journaliste espagnole d'origine marocaine, "l'intégration n'est pas un sujet qui l'interpelle car elle se définit comme étant une citoyenne espagnole à part entière".

SIEL19 D8 TR1 BENSAID

Elle explique à cet effet que "la question de l'intégration est une manière de marginaliser les jeunes générations d'immigrés", affirmant que "la diversité culturelle est une belle interprétation des différentes interactions entre les composantes d'une société qui feront disparaître cette notion d'intégration ou d'assimilation". 

"L'appartenance religieuse et l'immigration sont instrumentalisées par la politique mais les immigrés ne devraient pas céder à cette pression qui est exercée sur eux et doivent prendre l'initiative d'expliquer leur culture et se munir d'éducation et de savoir pour faire valoir leurs origines", a-t-elle poursuivi.

Un engagement qu'il faudra construire patiemment puisqu'il"faut vivre au moins 10 ans en Espagne en tant qu'immigré légal avant de pouvoir prétendre à la naturalisation".

Concernant les questions de discriminations et d'islamophobie, Nessrî Hachlaf Bensaid explique que " lois espagnoles limitent la pratique religieuse à la sphère privée mais ne peuvent pas agir sur l'image que le citoyen occidental a de l'Islam" : "c'est d'ailleurs difficile car cette image a surtout été construite sur l'appréhension de pratiques liées à la culture ou aux traditions et non à la religion".

CCME

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