Dalil Boubakeur met de l'huile sur le feu

La dernière proposition de Dalil Boubakeur, Président du Conseil Français du Culte Musulman, de transformer les églises abandonnées en mosquées, pour pallier au manque de lieux de culte musulman en France, a donné lien à une controverse.

Actuellement, on estime le nombre de mosquée et de salles de prières à environ 2500, et 300 en construction. Au mois d'Avril dernier M. Boubakeur avait déclaré vouloir doubler le nombre de mosquées en France, mais sans expliquer le comment.
Les réactions de rejet voire de colère se sont multipliées sur le net. Ainsi, on pouvait lire sur le compte twitter de Christine Boutin, ancienne ministre et fondatrice du parti chrétien-démocrate : «  Comment oser proposer chez nous de transformer les églises en mosquées, voila où nous en sommes, catho réveillons-nous ! »
On peut aisément comprendre les réactions de rejet d'une telle proposition. Elle ne manque pas de ''culot'', si j’ose dire. Elle peut être ressentie comme une offense par des catholiques ou même des non pratiquants. La symbolique des églises même abandonnées demeure forte ne serait- ce qu’en tant que patrimoine culturel et historique de la France.
Force est de reconnaître que de telle proposition dans le contexte actuel, c'est pire que  mettre de l'huile sur le feu. Cela relève de l'irresponsabilité voire de la provocation. De tels propos venant d'un responsable religieux musulman de premier plan, ne font qu'accréditer la thèse promue notamment par les formations d'extrême droite, selon laquelle nous sommes devant une religion musulmane conquérante et envahissante. Une religion qui menacerait l'identité nationale et la civilisation chrétienne. On a presque entendu crier, Gilbert Collard député frontiste, sur son compte Twitter: « On est pas près d'abandonner nos églises, Nom de Dieu ! ».
Mr Boubakeur fait preuve d'une légèreté coupable. Cela traduit son incompétence à présider le Conseil français du culte musulman. Au lieu de vouloir prendre des églises, il ferait mieux de s'atteler à résoudre des problématiques qui sont posées aux musulmans de France : la question de son organisation et de sa représentativité. L'épineuse question des jihadistes français qui partent pour des zones de guerre. Les interrogations de la laïcité qui reviennent assez souvent nées dans certains cas d'une pratique de l'islam ostentatoire vis-à-vis de l’esprit de la laïcité. Qu'en est-il, par exemple, de la constitution et de la crédibilité d’un conseil de théologie musulmane destiné  à apporter des réponses aux fidèles en matière d'interprétation des textes et d’application dans le contexte nouveau ? D’évidence, c’est ce vide que prospèrent les prédicateurs, en particuliers les plus radicaux qui trouvent dans internet un terrain propice.
Mr Boubakeur  au lieu d’assumer ses responsabilités, déjà trop grandes, préfère se répandre des déclarations hasardeuses. Peut-être, ces coups de menton ou de pub sont-ils-destinés à masquer la vacuité.

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