D'El Ejido à Tanger, en passant par Rosarno

En février 2000, la ville andalouse d'El Ejido, dans la province d'Almeria, connue pour sa culture maraîchère, a connu de graves émeutes racistes ayant pour cibles les ouvriers agricoles marocains. Ceux là mêmes qui on fait la fortune de cette région, travaillant d'arrache-pied sur les terrains agricoles pour un salaire de misère. De notoriété publique, ils vivaient  dans baraquements de fortune, sans eau courante, ni hygiène et sans couverture sociale, payés entre 2,50 et 3 euros l'heure.

A l'origine des évènements, le meurtre d'une jeune femme par un déséquilibré marocain. S'en est suivi une véritable chasse aux Maures 3 jours durant : des commerces, des habitations et des voitures d'immigrés avaient été incendiées faisant des dizaines de blessés.

En janvier 2010, dans la ville de Rosarno, en Calabre, dans le sud de l'Italie, des émeutes racistes, ont eu lieu, menées par la population locale, en réaction à des incidents commis, la veille par des ouvriers agricoles africains à leur tour en réaction à une agression  xénophobe à leur égard. Des centaines d'immigrés africains avaient fui la région au lendemain de la chasse à l'homme qui avait fait une cinquantaine de blessés.

Dans le périphérie de Tanger, le quartier Boukhalef est la dernière station pour environ un millier d'immigrés subsahariens, qui attendent de tenter leur chance pour passer en Espagne. Certains ont pu régulariser leur situation, trouver  un travail et s'installer durablement. Pour d'autres, l'attente s'est transformée en naufrage. Le quartier Boukhalef à fait parler de lui plusieurs fois, lors d'émeutes xénophobes à l'égard des subsahariens, accusés de source d'insécurité dans le quartier.

Le 29 août 2014, lors d'une expédition punitive, à la fin de la prière du vendredi soir, un sénégalais a été tué d'un coup de couteau, des dizaines de subsahariens se sont retrouvés avec des blessures, leurs appartements ont été pillés et leurs objets personnels brûlés. Les auteurs de cette chasse à l'homme, venaient leur signifier qu'ils devaient partir et quitter la ville.

Le 22 juin dernier, Boulhakef a été encore le théâtre de nouvelles tensions, lorsqu'un groupe d'habitants du quartier est venu déloger une famille africaine qui squatterait un appartement. De nouveaux heurts ont eu lieu lorsque les subsahariens ont riposté par des tirs de cailloux à l'endroit des assaillants.

Finalement, chacun a sa tête de turc.
La cohabitation, la tolérance, l'acceptation de l'autre n'est jamais une chose facile. Lorsque la précarité, la misère, l'insécurité se rajoutent au sentiment d'être envahi sur son propre territoire, c'est la vindicte populaire avec ses ressentiments qui s'exprime et qui trouve dans l'étranger le ciment pour son union et l'exutoire à son propre échec et à sa propre frustration.

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