jeudi 21 février 2019 10:49

Marocains du monde : Success stories

vendredi, 08 février 2019

La seconde rencontre de la journée intitulée aborde la thématique des success stories de Marocains du monde. Cette table-ronde donne la parole à des Marocains de l'étranger qui ont réussi dans leurs pays de résidence et sont aujourd’hui des exemples à suivre, comme Hanane Benkhallouk (UAE), Noureddine Fatty (Italie), Rachid Hanbali (Royaume-Uni) et  Paul Dahan (Belgique). Une rencontre modérée par Ghita Zine, journaliste au Maroc.

Rachid Hanbali : nous sommes notre propre limite

Rachid Hanbali a raconté son parcours de jeune artiste né à Sidi Ifni qui a pu accéder aux galeries d’art les plus prestigieuses d'Angleterre.  

SIEL19 D1 T2 RACHID

Après l’école des Beaux Arts à Tétouan, il s’est installé à Grenade, en Espagne “pour découvrir d’autres cultures et donner naissance sur des toiles aux émotions qui se bousculaient en moi”.

“Je suis partie sans bourse d’étude et sans l’aide de ma famille, mais j’ai décidé d’aller jusqu'au bout de ma passion”.

L’artiste marocain a rendu hommage à son professeur à l’école des Beaux Arts de Tétouan, MSaad Ben Seffaj qui “a beaucoup enrichi ma vision de l'art marocain et poussé les limites de mon imagination”.

L’idée que Rachid Hanbali a voulu transmettre est que “nous sommes souvent notre propre limite” : “je n’ai jamais osé présenter mes travaux aux galeries prestigieuses de Londres pensant que je n’allais jamais être admis, mais quand j’ai décidé de le faire j’ai tout de suite été accueilli. C’est dire que souvent ce qui nous empêche de réussir c’est notre propre volonté”.  

Sa distinction lui a valu plusieurs prix à l’international, notamment à l’exposition internationale d’art à Pékin. Il se dit fier d'être marocain et soucieux de transmettre et faire connaître “la culture à toutes les personnes que je rencontre sur mon parcours”.

Noureddine Fatty : mes origines sont la source de mon inspiration   

Noureddine Fatty est né dans un village près de Ouazzane, une confrérie de musique soufie. “J'ai quitté le Maroc dans les années 90 pour l'Italie et me suis aussitôt lancé dans la musique de rue”.

SIEL19 D1 T2 NOREDINE

“Après 3 années passées à jouer de la flûte dans les ruelles et les quartiers de Rome, je suis devenu une "composante" du paysage de la ville et c’est grâce à une rencontre que j'ai pu faire dans cet espace que j’ai eu l'opportunité de réaliser ma première colonne de film”, s’est réjoui Noureddine Fatty.

Les attentats du 11 septembre auront particulièrement marqué l’artiste marocain : “cette date a eu un impact profond sur la société italienne et j’ai personnellement senti le regard accusateur de mes concitoyens pour qui j’étais devenu le voisin musulman”.

Le musicien a donc décidé d’agir face à ce rejet et a rassemblé des artistes chrétiens, musulmans et juifs pour présenter le concert qu’il a baptisé “coexist”. Des morceaux de musique qui lui vaudront l’invitation de Benoît XVI et avant lui Jean-Paul II pour célébrer le dialogue des religions dans un concert à l'opéra.

Hanane Benkhallouk : l’innovation est le maître-mot de notre époque

Au début de son allocution, Hanane Benkhallouk a tenu à remercier le CCME “ qui fait un travail exceptionnel pour créer les ponts entre les Marocains du monde et leur pays d’origine”.

SIEL19 D1 T2 BENKHELOK

La femme d’affaires avait quitté le Maroc après avoir obtenu un diplôme en gestion à l’ISCAE : “je me suis installée aux Etats-Unis en 1996 pour obtenir un master aux Etats-Unis et j’ai pu commencer ma carrière à New York jusqu’au jour où j’ai visité pour la première fois Dubaï qui était en pleine expansion”.

Hanane Benkhallouk a pu avoir accès à plusieurs postes de responsabilités avant de devenir directrice au sein de la Fondation Mohammed bin Rashid Al Maktoum. “Cette responsabilité a constitué un tournant dans ma carrière, car j’ai pu mener des études de terrain qui ont bouleversé mon appréhension de plusieurs concepts”.

“Nous avons mené une étude qui a démontré le fossé existant entre la formation et le marché du travail dans le monde arabe et j'ai décidé, grâce aux conclusions de cette étude, de créer ma propre entreprise”, explique la jeune femme d’affaires.

“J'ai réalisé, grâce à cette expérience, l'importance de l'économie du savoir, de l'innovation et de la création de la valeur ajoutée dans mes travaux et actions” : “nous avons besoin de réflexion analytique et d'innover pour créer le changement dans un monde qui se numérise à un rythme effréné”. Pour ce faire, la jeune entrepreneure marocaine explique que “nous devons agir vite et être flexibles, deux valeurs incontournables”.

A la fin de son intervention, Hanane Benkhallouk a mis en exergue la valeur ajoutée exceptionnelle qui peut être apportée par les “5 millions de Marocains qui vivent partout dans le monde et qui peuvent grâce à leur expertise constituer les éléments clés du développement du Maroc”.   

Paul Dahan : la souffrance est liée à une modernité qui n'a pas de mémoire

Dans son allocution, le psychanalyste et membre du CCME, Paul Dahan, a fait part de son expérience personnelle avec la migration et l’exil.

SIEL19 D1 T2 PAUL

“Dans chaque déplacement, nous quittons une origine pour aller dans un autre espace et nous rencontrons une série d'événements différents de nos origines et qui font que l’on se sent étrangers et étranges à ce nouvel espace”, a expliqué Paul Dahan

“Nous avons au fond de nous tous cette souffrance de la migration qui a conduit à certaines perturbations mais qui nous a surtout enrichi”, a poursuivi Paul Dahan expliquant que l’adaptation à un nouvel environnement, une nouvelle culture est un enrichissement intellectuel à bien des égards.

“J'ai quitté Fès et je suis partie en Europe mais au fil des années, j’ai réalisé que l'expérience de la marocanité est unique”. Une conviction qui a mené Paul Dahan à constituer une collection d’objets sur le Maroc : “c'était pour moi une thérapie, je trouvais en ces objets la préservation de mes origines et j’ai pu réaliser que sans passé il n'y a pas d'avenir”.

Ce voyage en soi, Paul Dahan a voulu le partager car “dans la diversité et les différences nous avons tous quelque chose d’humain qui nous unit par rapport à la souffrance, à la mort, à l’humanité”. Il décide de s’adresser aux jeunes qui souffrent, qui ont entre 14 et 25 ans, car ce sont les plus fragiles affirmant que “cette souffrance est liée à une modernité qui n'a pas de mémoire, de racines”.

“J'ai utilisé cette connexion personnelle pour donner aux jeunes les moyens de connaître leur culture et de se sentir Belge en Belgique et Marocain au Maroc car l'on ne peut pas nier nos origines”. Paul Dahan rapprochera les jeunes Marocains de Belgique de ce qu’est réellement la marocanité : il s'agit de connaître la partie unique en nous et la partie que nous avons en commun”.

CCME

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