Entretien avec le député italo-marocain Khalid Chaouki

jeudi, 22 octobre 2015

Il aura fallu des années d’attente et de débats politiques acharnés entre la droite et la gauche, avant que l'Italie n’adopte la loi sur la citoyenneté.

Une loi, d’autant plus importante pour la communauté marocaine qu’elle va lui permettre de s’intégrer plus facilement dans la société italienne. Dans l’entretien qui suit, M. Khalid Chaouki, député italien d’origine marocaine et coordinateur du groupe « immigration » au Parlement italien, nous explique l’impact de l’adoption de cette loi sur la communauté d’origine marocaine résidant en Italie.

La loi sur la citoyenneté  vient enfin d'être votée au parlement Italien. Que constitue pour vous cette adoption ?

Oui, enfin. La législation qui était en vigueur remonte à février1992 et, en 23 ans, ce pays a littéralement changé, c’est une autre Italie où nous vivons aujourd’hui. Je pense, bien sûr, aux jeunes générations, ceux que l’on appelle les «nouveaux Italiens », ou « deuxièmes générations ». Ce sont eux qui ont payé au cours des dernières années le prix le plus élevé et souffert de l’absence de législation sur la citoyenneté. Ils sont plus d’un million en Italie, selon des données qui remontent au 1er janvier 2014, un million de garçons et de filles…Les enfants de cette Italie plurielle.

Et pourtant nombreux sont ceux qui disent que cela ne suffit pas, pourquoi à votre avis ?

Parce que le mouvement qui s’est battu pour ce projet de loi populaire met en jeu l’existence de plusieurs individus. Les racines culturelles de la famille de l’enfant était au cœur du débat sur l’acquisition de la citoyenneté. Enfin, pour plusieurs personnes cette loi n’est pas un exploit, car, ils ignorent sans doute, le travail acharné fourni lors de ces négociations avec des forces politiques hostiles à cette réforme.

Peut-on faire davantage ?

Il est évident, que l’on peut toujours faire davantage. Le projet de loi qui que nous proposions était encore plus inclusif, mais nous devons prendre en compte le grand travail de synthèse qui a été fait par la Commission des Affaires Constitutionnelles, pour faire voter la loi par la majorité à la Chambre et, maintenant par le Sénat. Je suis satisfait de ce beau pas en avant.

Désormais, cette loi sera décisive aussi et surtout pour les Marocains de la deuxième génération en Italie. Rappelons qu’il s’agit de la 2ème plus importante communauté d’étrangers en Italie. Mais, concrètement, que va changer cette loi "dans leur vie" ?

J’espère, et en fait je suis sûr, que leur vie va changer pour le mieux. Les choses iront plus vite et il y aura moins de bureaucratie pour l’acquisition de la citoyenneté. En outre, l’Italie sera une terre plus accueillante pour ces jeunes générations qui sont l’avenir de notre pays : nos enfants seront italiens dès l'école. Je dirais que c’est une belle révolution, n’est-ce pas ?

La communauté marocaine s’est toujours démarquée pour le travail et le niveau élevé d’intégration de ses membres, toujours très actifs dans la vie civique de notre pays. Je souhaite que cette tendance positive soit confirmée et renforcée au fil des années : l’Italie a besoin de nous.

Quels sont les autres projets sur l’immigration qui seront abordés lors de cette législature ?

Nous voyons que l’une des questions les plus urgentes est la gestion des migrants demandeurs d’asile. C’est le thème central sur lequel se joue la crédibilité de l’Europe. L’Italie, en la personne du premier ministre Matteo Renzi a affirmé, une nouvelle fois vouloir travailler pour surmonter le règlement de Dublin III, qui, rappelons-le, est entré en vigueur en 2003, lorsque le gouvernement était dirigé par Silvio Berlusconi et que le ministre de la Justice était Roberto Castelli de la Ligue du Nord (extrême droite).

Maintenant que la situation de précarité absolue au Moyen-Orient produit des milliers de réfugiés et de personnes déplacées, il est clair que cette réglementation doit absolument être revue.
Traduit de l'italien

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